Avoir le choix de l'illusion

PARTIE 1 - Chapitre 4

AVOIR LE CHOIX DE L'ILLUSION

La recherche scientifique implique l'observateur en tant que participant, et cela implique la conscience de l'observateur humain. Par conséquent, il n'y a pas de propriétés objectives de la nature, il n'y a pas de propriétés indépendantes de l'observateur humain - F. Capra - physicien -

Avoir le choix de l'illusion... En voilà un titre de chapitre rebutant ! J'ai adopté cette formule choc parce qu'elle est un tantinet provocatrice et qu'elle se fixe ainsi bien dans les idées. Vous la retrouverez dans la suite de ce livre.

Avoir le choix de l'illusion : en fait, vous allez le voir, c'est exaltant...

Réfléchissons un peu et jouons au philosophe. Le monde et les événements du monde, c'est quoi ?... Si je cherche à serrer au plus près la réalité, je dois reconnaître que cette réalité du monde, pour moi, c'est ce que j'en perçois. Et ce que j'en perçois passe par le filtre de ma subjectivité, de mon état d'esprit du moment, de ma réceptivité ou de mon aveuglement. En fait, mon RAS, mon intérêt ou mon désintérêt, mon attention ou mon inattention, mes goûts et mes dégoûts, vont m’amener à une interprétation à ma manière et non pas à une quelconque réalité de ce qui se passe. Dans notre monde moderne, la physique quantique avait d’ailleurs à sa manière, au début du 20ème siècle, bien pointé cet aspect dans le principe d’incertitude d’Eisenberg. Cela rejoignait une bien ancienne conception, déjà véhiculée dans le bouddhisme et l’hindouisme : le monde perçu est illusoire.

Et vous le savez maintenant : parmi toutes les informations qui nous parviennent, on ne peut avoir simultanément conscience de plus de cinq à neuf éléments. Une sélection sévère s'opère donc, qui élimine la plus grande partie de ce que l’on peut appréhender consciemment de l’environnement. Cette sélection s'opère en fonction de données personnelles : ce qui intéresse, ce qu’on redoute, ce qu’on aime ou déteste, ce qu’on croit ou ce en quoi on croit, ce qu’on croit être soi ou être important pour soi – et là on voit bien le RAS à l'oeuvre...

On est là dans la subjectivité la plus absolue. Alors, où est l'objectivité, la réalité du monde, dans tout cela ? Nulle part.

Ainsi, aucun être humain sur terre ne peut se vanter de saisir
la réalité objective du monde ou des événements qu'il vit

Nous avons donc tous notre interprétation du monde - qui est parfaitement subjective, non objective, limitée et donc illusoire.

La pluralité que nous percevons n'est qu'une apparence ; en réalité, elle n'existe pas. Le monde extérieur et la conscience sont une seule et même chose. - E. Schrödinger - physicien -

La sagesse de l'Orient

Les philosophies extrême-orientales avaient ainsi insisté depuis longtemps sur cette idée : le monde est illusion, les phénomènes et les événements du monde sont illusion. Intégrer cela est, pour ces philosophies, la clé de la réalisation de l'être humain, de son aptitude à transcender ses limites et à se dépasser, à être plus et plus grand... Mon propos n'est pas de vous emmener vers les sommets de la spiritualité extrême-orientale. Mais je veux plus simplement vous aider à bien prendre conscience que :

  • Ce que vous savez du monde et des événements que vous vivez, c'est ce que vous en percevez.
  • Ce que vous en percevez est forcément limité et filtré.
  • Ces limites et ce filtre produisent votre interprétation de ce que vous vivez, interprétation subjective, image illusoire et en aucun cas réelle et complète de ces événements, de ce vécu.

Et cela veut dire une chose colossale, fascinante :

Vous avez le choix de l’illusion !

Car pourquoi cultiver une interprétation – illusoire – de ce qui vous arrive qui vous nuit et vous appauvrit, plutôt que de choisir une interprétation – tout aussi illusoire – qui vous avantage, augmente votre pouvoir, vous enrichit ?..

C'est cela, avoir – se donner – le choix de l'illusion :

Décider consciemment que je vis le monde et les évènements avec l’interprétation la plus favorable pour moi, pour mon évolution, pour mon succès !

Et vous comprenez maintenant que le mot « illusion », pris dans ce sens, n'a rien de péjoratif : il caractérise ici la subjectivité de l'expérience humaine et il ouvre à la puissance qui change le destin.

L'aventure de deux jumeaux

En 1972, Romuald et Margot, deux jumeaux, ont six ans. Ils sont en colonie de vacances dans le sud de la France. Il y a là des enfants de tous âges, ça va des plus petits, cinq ans, aux presque adultes, dix-sept ans. Ce jour-là, il fait beau et chaud, et les animateurs décident d'emmener les enfants faire trempette, non pas à la plage, tout de même relativement éloignée puisqu'à une quinzaine de kilomètres, mais à la piscine.

Voilà donc tous ces jeunes dans l'eau. Certains des grands nagent, les plus petits sont alignés en rangs d'oignon tout autour de la piscine, se tenant à la barre métallique qui ceint tout le bassin. Romuald et Margot sont côte à côte dans le grand bassin, là où il y a trois mètres de fond, solidement agrippés à la barre. Les petits camarades les environnent de chaque côté. Ni Romuald ni Margot ne savent nager, mais voici que se produit un enchaînement de paroles qui les amènent tous deux à se vanter auprès des copains d'être de bons nageurs. Et, bien sûr, les autres enfants leur disent de le prouver !

Coincés dans leur vantardise, Romuald et Margot, pour ne pas perdre la face et abusés par l'apparente aisance des nageurs, sont acculés à lâcher prise et... coulent tous les deux, boivent une abondante tasse, se débattent tant et si bien qu'ils finissent pas remonter tout de même et, à bout de souffle, se raccrochent à la barre métallique en tremblant.

Lorsqu'elle a repris sa respiration et se rend compte qu'elle ne s'est pas noyée, Margot regarde les autres enfants d'un air méprisant et triomphant, en plastronnant :

« Vous avez vu, je vous l'avais bien dit, et vous ne m'avez pas crue : je sais nager ! Et vous pas ! »

Romuald, quant à lui, profite silencieusement de la gloriole de sa soeur mais n'a plus qu'une envie : sortir de cette eau où il s'est senti mourir.

J'ai vu Romuald en 1990 : il voulait guérir de sa phobie de l'eau car il était épris d'une belle sportive, et il en avait assez de se faire traiter par elle de « poule pas mouillée ». Il m'a raconté sa presque noyade à l'âge de six ans, et comment il avait développé sa phobie depuis cet événement : il n'y a plus eu moyen de le mettre dans l'eau ailleurs que dans la baignoire.

Or, Margot avait vécu exactement la même aventure, pour les mêmes raisons, au même moment. Et Margot avait-elle aussi la phobie de l'eau ? Oh non : Margot n'a jamais eu la phobie de l'eau ! Elle avait appris toute seule à nager vers l'âge de huit ans et elle était même excellente nageuse, le genre qu'on a du mal à ramener sur la terre ferme, le vrai poisson, la vraie sirène.

Et puis, là où Romuald avait peiné à avancer dans des études commerciales et s'était contenté d'un niveau BAC + 2, Margot était maintenant en train de préparer un doctorat en biologie à vingt-quatre ans, avec quelques travaux déjà publiés dans des revues scientifiques et une proposition pour un travail de recherche aux USA. Et aussi un brillant avenir devant elle.

Revenons à l'expérience initiale qui a déterminé la phobie pour Romuald et l'amour de l'eau pour Margot. Tous deux ont eu le même vécu : une presque noyade. Où est la différence ? Elle est dans la façon dont chacun a interprété ce même événement. Chacun se l'est représenté d'une certaine façon, chacun l'a analysé, l'a jugé, l'a jaugé, l'a intégré, à sa manière. Romuald en a fait une défaite et Margot une victoire. Romuald a été vaincu, Margot a été vainqueur. Romuald s'est tu, Margot en a profité pour écraser les petits copains de sa superbe.

C'est la même eau qui a submergé les deux enfants, ils ont tous deux ressenti la peur de la noyade : ils savaient bien qu'ils n'avaient pas appris à nager. Ils ont tous deux expérimenté la même perte de souffle et toutes les sensations physiques et psychiques désagréables que provoque cette incapacité à respirer dans l'eau. Et cela a fait échouer l'un et réussir l'autre.

Alors, où est ce qui a fait la différence ? Ce qui a compté, en fait, ce n'est pas l'eau, mais l'interprétation, la représentation que chacun s'est faite de l'événement et de l'eau. Et l'interprétation de chacun a créé un état interne : abattement pour Romuald et gloire pour Margot. Romuald a baissé la tête, Margot l'a relevée fièrement : elle avait « prouvé » aux autres qu'elle avait dit vrai, qu'elle savait ce qu'en réalité elle ne savait pas, et cela au péril de sa vie. Et elle avait reçu, en échange, l'admiration et la considération des autres enfants.

Une illusion nuisible, une illusion exaltante

La façon dont on se raconte sa propre histoire change tout :

« J'ai failli me noyer, c'était affreux, j'ai cru que je ne m'en sortirai jamais, j'ai cru que j'étais en train de mourir ».

Ou bien :

« Je leur en ai mis plein la vue ! Maintenant, ils sont drôlement admiratifs et je suis la star pour les copains jusqu'à la fin de la colo. En plus, il n'y en a pas un seul qui a soupçonné qu'en réalité, je ne savais pas nager ! »

Vous voyez la différence ? Vous sentez combien, dans la première version, cela abat et dans la deuxième, cela « donne du jus » .

Romuald avait adopté une illusion nuisible et limitante pour lui. Margot avait adopté une illusion exaltante, dynamisante, valorisante.

Vous voyez maintenant ce que je veux dire lorsque je vous parle « d'avoir le choix de l'illusion » ?

Et la réussite de Margot, là où Romuald a des difficultés à avancer ? Je ne veux pas dire que l'épisode de leurs six ans a déterminé à lui seul leur avenir professionnel. Mais il y a fort à parier que beaucoup d'autres événements de leur existence ont été interprété différemment par eux, en fonction d'automatismes dont je vous parlerai plus loin. Ayant le même âge, ils ont suivi le même cursus dans la même école et la même classe jusqu'au bac. Là aussi, Romuald a tendu à choisir l'illusion négative pour lui et Margot l'illusion positive pour elle : leurs résultats scolaires s'en sont ressentis.

Faut-il croire que, par un maléfice venu d'on ne sait où, Romuald avait à la base des moyens moindres et une négativité là où, de naissance, Margot avait des moyens supérieurs et une grande positivité ? On est là face à un mythe courant : on vient au monde avec plus ou moins de talents, un caractère et une personnalité préfabriqués, et il faut « faire avec »... Cette vison-là est dure à déraciner car elle permet de se résigner avec les honneurs. C'est la faute à papa, à maman, ou à « pas de chanc »".

Mais cette vision-là est fausse !

Chaque être humain a le choix de l'illusion dans laquelle il accepte de vivre, a le choix de l'interprétation qu'il fait des événements qu'il vit et du monde qui l'entoure.

Reste à apprendre comment modifier cette interprétation, comment se donner le choix de l'illusion pour renforcer sa personnalité, pour vivre plus, pour vivre mieux, pour augmenter son pouvoir, sa puissance et sa réussite à tous niveaux.

C'est ce qu'a fait Romuald. Il m'a été facile de lui faire comprendre l'importance de l'interprétation que l'on fait de son vécu : sa propre façon de fonctionner, comparée à celle de sa jumelle, lui a été une illustration lumineuse. En 1991, Romuald a fondé sa propre PME qui emploie aujourd'hui cinq salariés. Il n'est pas près de « boire la tasse », il ne « se noie plus dans un verre d'eau » et c'est avec un moral de vainqueur qu'il remporte ses parts de marché. Cela ne signifie pas que Romuald ne rencontre aucune difficulté. Il en rencontre, c'est évident. Mais sa façon de les interpréter maintenant fait qu'il les dépasse, les contourne ou les traite de la façon la meilleure pour lui. Et ma foi, il réussit bien.

Il a épousé en 1992 Claudie qui le seconde efficacement dans son entreprise et qui n'est pas la sportive de ses vingt-quatre ans. Comme tous les jeunes couples, ils se disputent parfois, mais ils savent comment interpréter leur vécu : en mode favorable pour eux, pour leur couple et pour leur devenir...

Et si vous aussi changiez votre interprétation ?

Alors, comment ferez vous, vous, pour vous donner le choix de l'illusion ?

D'abord, accepter, ne serait-ce qu'à titre d'hypothèse de travail, que l'on peut changer son vécu en changeant l'interprétation, la valorisation, qu'on lui accorde. Il y a des interprétations qui vous obligent à baisser les bras, à être vaincu, et des interprétations qui vous stimulent, vous dynamisent, vous propulsent vers la victoire.

Et pour les mêmes évènements !

Il y a une façon très simple de vous rendre compte si, devant un évènement, vous êtes face à une illusion qui vous déprime, vous aplatit et vous rend impuissant : soyez attentif à ce que votre corps vous raconte. Si vous avez tendance à baisser la tête, une sensation d'abattement ou d'agitation stérile, des impressions diffuses pénibles, si vous ressentez des perturbations dans l'énergie dont vous disposez (en carence : tristesse, dépression, impression d'échec, d'impuissance ; ou en excès malsain : colère, rage), si votre plexus solaire et votre estomac se crispent, si vous avez "la boule" à la gorge, les épaules contractées, le dos raide... si vous avez certains de ces symptômes (il n'est pas nécessaire que vous les ayez tous), alors vous êtes en train de choisir l'illusion qui va vous phagocyter, vous rendre la vie dure et vous casser votre pouvoir d'action et de réaction.

Ecoutez votre corps : souvenez-vous, votre Inconscient vous parle via votre corps et vous avez appris à y être attentif. Ne perdez pas cet apprentissage : utilisez-le pour repérer les moments où vous alliez être victime d'une interprétation négative de votre vécu.

Or, qu'est-ce qui vous amène à spontanément interpréter négativement ? Des automatismes : des mécanismes dont vous êtes victime

Parce que vous n’en prenez pas le contrôle !

Ces mécanismes automatiques ont une source, quelque part dans votre passé (ce que j'appelle un « événement fondateur ») qui est une première interprétation négative d'un vécu. Par exemple : la presque noyade de Romuald à six ans, qu'il a interprétée à ce moment-là comme l'équation « eau pour nager = danger de mort ». Son Inconscient a enregistré cela et a trouvé la parade efficace, la phobie, à partir de laquelle il n'y a plus eu moyen de mettre Romuald dans une piscine. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé : ses parents, sa soeur, ses camarades et des enseignants ont tenté de le convaincre d'y aller. A chaque fois, la phobie se réveillait et alimentait encore l'interprétation première : la vue de la piscine éveillait la panique, la morsure au plexus, le souffle coupé, des contractures.

Donc, à chaque fois, l'interprétation négative se trouvait renforcée, confortée, automatisée. C'est comme le fait d'appuyer sur une commande d'un ordinateur : cela déclenche automatiquement la réaction, le "programme" qui y est connecté.

Pourquoi une telle première interprétation ? Ce n'est pas une particularité préalable de la personnalité de Romuald qui l'a conduit à cette interprétation négative de son expérience. Pas plus que ce n'est une particularité préexistante chez Margot, qui l'a amenée à une interprétation positive de son propre vécu, ce jour-là, dans l'eau de cette piscine. C'est le choix opéré à ce moment-là, le choix de ce qui semble le plus important, de ce qui apparaît le plus valorisé : pour Romuald, ce fut l'impact des sensations désagréables ; pour Margot, ce fut le fait de faire rentrer dans la gorge des petits camarades leur scepticisme, ce qui eut pour effet d'effacer les sensations désagréables pourtant tout a fait ressenties.

On passe sa vie à faire des choix, à peser ce qui se passe, à mettre des étiquettes, à donner des valeurs aux événements et cela dans la plus complète subjectivité et pas spécialement consciemment.

On pourrait imaginer que, si ce jour-là Margot avait été punie et rabrouée pour une bêtise qu'elle avait faite, et Romuald complimenté pour quelque chose, leur choix de l'interprétation de l'épisode piscine eût pu être diamétralement opposé, les conditions de leur humeur du moment étant différentes de ce qu'elles ont été alors... Vous voyez qu'il n'est pas nécessaire d'en appeler à des caractéristiques du genre "personnalité" ou "caractère" préexistants pour comprendre la différence de réaction des deux enfants.

Donc, à partir d'un événement fondateur, interprété d'une certaine façon à ce moment-là, se produit toute une chaîne d'événements analogues renforçant de plus en plus l'automatisme qu'est l'interprétation négative ou positive, l'illusion nuisible ou activante. Chaque fois que l'on est à nouveau en contact avec un stimulus analogue, c'est comme une commande enclenchée : le "programme", l'automatisme se met en route.

Le "triangle" de la femme

Avant de vous dire comment modifier vos programmes automatiques négatifs, écoutez l'histoire de Marc.

Marc est arrivé un jour à mon cabinet. Séduisant dans le genre bourru, tout à fait attractif de sa personne, un bagage intellectuel suffisant, un job qui, pour être manuel, n'en a pas moins du prestige : menuisier d'art, ce qui lui permet de gagner correctement sa vie.

Marc a un gros problème. Il a quarante-deux ans et il est seul. Il souffre de sa solitude, avoue un fond de timidité qui ne l'empêche toutefois pas de prendre contact avec des femmes et de "draguer" occasionnellement. Il lui arrive aussi de payer les services de prostituées. Il a eu deux relations de quelques mois chacune avec deux femmes qui l'aimaient, mais que lui n'aimait pas. Il avait aussi, entre trente et un et trente-trois ans, vécu avec une femme qu'il dit avoir aimée intensément. Mais il n'a jamais pu avoir de relations sexuelles avec elle. Alors que sa puissance sexuelle fonctionnait sans difficulté avec des amies de rencontre ou des prostituées, ce n'était pas le cas dès qu'il aimait et qu'il souhaitait construire affectivement :

– Quand je n'aime pas, pas de problèmes. Quand j'aime, ça ne marche jamais !, me dit-il.

L'investigation pour faire apparaître les événements fondateurs a révélé la séquence suivante, que Marc a vécue à l'âge de cinq ans. Cela se passe dans la cuisine familiale. Le père est à table, ainsi que les frères et soeurs et l'on vient de dîner. A un moment donné, la mère apparaît, nue, dans l'encadrement de la porte. Marc « voit son triangle » et regarde, fasciné, directement cet endroit du corps de sa mère. Celle-ci s'en aperçoit, rabroue vigoureusement et punit vertement le petit garçon.

Marc ne sait pas pourquoi sa mère est venue là sans vêtements. Il pense que c'était pour empêcher son père, qui était du genre coureur de jupons, de sortir ce soir-là – mais il n'en est pas sûr. Ce qui est sûr par contre, c'est que cet événement d'il y a trente-sept ans est toujours extrêmement vivant et chargé d'une émotivité intense : tout dans le comportement et le « non-dit » de Marc exprime cette émotion.

Marc a adopté une illusion négative ce jour-là, dans son être de petit garçon. Il a fait une assimilation entre le « triangle » d'une femme qu'on aime et les notions d'être pris en faute, d'être humilié et puni. En fait on est là, comme très souvent dans ce qui limite les gens, en face de la structure même de la phobie : l'Inconscient a enregistré un stress violent et a trouvé le moyen imparable de protéger de la réitération de ce stress. Ne plus jamais être attiré et concerné par le triangle d'une femme aimée éviterait cela, le problème ne se posant pas pour les femmes de rencontre.

On est en plein freudisme et Marc relèverait d'une psychanalyse ? Il en vient, précisément : cinq ans d'analyse, sans résultats dit-il. Marc n'a pas encore dix ans devant lui pour, peut-être, voir résolu son problème. Celui-ci n’est pas d'aller creuser dans ses profondeurs afin d'en exhumer Dieu sait quels mystères. Marc veut rompre sa solitude maintenant, vivre et construire une relation à deux basée sur un sentiment réciproque. Et quoi de plus normal ? Il a là un objectif concret et bien défini : il a besoin d'adapter son comportement de manière à ce qu'il « fonctionne » bien dans une relation affective. Et c'est pour cela qu'il est venu. Qu’est ce que je peux faire pour lui ?, me demande-t-il.

Je peux lui apprendre à se choisir une autre illusion que celle d’être l’homme-qui-ne-peut-avoir-de-relations-sexuelles-avec-une-femme-aimée.

Cela nous ramène à la question posée plus haut : comment ferez-vous, vous, pour vous donner le choix de l'illusion ? D'abord, disais-je, acceptez l'idée que l'on peut changer son vécu en changeant l'interprétation, la valorisation, qu'on lui accorde.

C'est d’ailleurs cela que vous allez commencer à assimiler à partir du chapitre 5 : comment changer votre « réalité » vécue pour plus de bonheur et de succès ?


Auparavant, permettez-moi de vous proposer un intermède : cela vous donnera une « respiration », comme une récréation dans le fil de votre lecture, avant d’aborder les autres méthodes pour développer votre personnalité que je vous propose plus loin. Chaque personne qui enseigne sait que les « interclasses » (c’est-à-dire les pauses entre deux cours) sont indispensables pour une bonne assimilation des informations.

Notez bien que cet intermède devrait vous passionner, parce qu’il vous montre à quel point le psycho-mental humain – le vôtre – et d’ailleurs aussi le monde dans lequel vous évoluez sont des « lieux » pleins de mystères, de secrets et de magie…

Mes livres

Je suis auteur d'articles scientifiques et de livres de psychologie :


  • -Bien vivre, Mal vivre/ à vous de choisirInterEditions

  • -Communiquer avec les autres, c'est facile !Éditions de L'Homme

  • -Bien se connaître pour bien piloter sa vieInterEditions

  • -Vous n'aimez pas ce que vous vivez ? Alors, changez-le !Marabout (épuisé)


  • -Éliminez vos peurs et blocages - avec les Métaphores ThérapeutiquesNeo Cortex éd.


  • -Angoisses, anxiété - Comment vous en délivrerNeo Cortex Ed.


Avec Michel Nachez :

  • -Technostress TechnophophieÉditions de L'Homme



Et, avecDonald Akutagawa et Terry Whitman:

  • -Mêlons-nous de nos affaires : nos territoires et ceux des autres dans la vie personnelle et professionnelleInterEditions