Utilisez le pouvoir des images

Partie 2 - chapitre 8

LE LANGAGE DE L’INCONSCIENT
UTILISEZ LE POUVOIR DES IMAGES

Maintenant, je vais vous raconter un rêve que vous avez fait quand vous étiez un tout jeune enfant. Je sais que vous avez fait ce rêve parce que tous les enfants le font. Peut-être ne vous en souvenez-vous pas, mais peu importe. Voici votre rêve – rêvez-le à nouveau aujourd’hui, en lisant ces lignes – : il peut être agréable de retrouver ses rêves d’enfant.

Vous dormez dans votre chambre et, dans ce rêve, vous reconnaissez tous les éléments du décor familier : les motifs et les couleurs du papier peint, les décorations au mur, l’emplacement de la fenêtre et de la porte, les différents meubles qui vous entourent. Il y a dans l’appartement une armoire – peut-être est-elle dans votre chambre ou dans une autre pièce, cela n’a pas d’importance – et, dans votre rêve, vous savez qu’il y a, tout au fond de cette armoire, une toute petite porte, toute petite et bien cachée. Cette toute petite porte, juste assez grande pour que vous – qui êtes petit – puissiez la franchir, vous êtes le seul à en connaître l’existence. Vous savez aussi que vous ne pouvez pas la trouver pendant que vous êtes éveillé, mais maintenant, dans votre rêve, vous savez exactement comment faire pour parvenir jusqu’à elle, l’ouvrir et enfin découvrir ce qu’il y a derrière.

Alors, dans votre rêve, vous vous levez silencieusement. Un rayon de lune filtre à travers les rideaux et vous aide à vous orienter dans l’obscurité de la chambre. Vous vous glissez entre les meubles et vos pieds nus, sur le sol, produisent un bruit feutré... Vous approchez à présent de l’armoire et une certaine excitation vous habite, car vous savez que vous allez enfin connaître le secret de la porte minuscule tout au fond. Voilà, vous êtes debout devant l’armoire et vous levez votre petite main d’enfant vers la poignée pour l’ouvrir... Vous manipulez la poignée et l’armoire s’ouvre, vous révélant son contenu. Vous devez encore écarter ce contenu pour apercevoir enfin, oui, grâce au rayon de lune qui semble vous suivre, la toute petite porte, là, au fond, vers le bas. Votre cœur bat : vous approchez du secret, vous allez enfin savoir...

Vous vous penchez et vous voyez une poignée, et sous la poignée : une clé. La porte et le chambranle sont décorés de sculptures et vous restez un moment pour admirer ces sculptures. Puis, en rassemblant tout votre courage, vous levez la main, vous tournez la clé, vous manipulez la poignée et enfin... vous ouvrez la porte. Vous apercevez une lumière orangée diffuse, de l’autre côté et vous avancez pour en voir plus... Et vous voyez apparaître à vos yeux...

Prenez quelques instants, maintenant, pour découvrir ce qu’il y a de l’autre côté de la toute petite porte, dont vous seul connaissez l’existence dans votre rêve d’enfant... Et ensuite, revenez-moi : j’ai quelques questions à vous poser.

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À présent, surtout, prenez un crayon et le temps de répondre avant d’aller plus loin. Dites-moi :

  • Quelles couleurs et quels motifs avez-vous vu, sur les murs de la chambre, pendant que vous lisiez ici ce récit de votre rêve ?
  • Quelles décorations, quels meubles, dans la pièce ?
  • Comment est l’armoire – décrivez-la ?
  • Et ce rayon de lune qui parvient jusqu’à vous, quelle allure donne-t-il au décor, quelle ambiance crée-t-il ?
  • Vous avez vu vos pieds nus sur le sol ? Et ce sol, c’est du parquet, de la moquette, du carrelage ?
  • La poignée de l’armoire, vous l’avez vue ronde ou en forme de « L » – à moins que ce ne soit une clé qui en fait office ?
  • Quel contenu avez-vous vu dans l’armoire (accroché ou posé sur des étagères, ou les deux) ?
  • Comment avez-vous écarté ce contenu ?
  • Comment est la petite porte, ses sculptures représentent quoi ?
  • Comment avez-vous vu la clé : grosse ? petite ? décorée ? ancienne ? moderne ? ou autre ?
  • Comment est la poignée que votre petite main a manipulée : ronde ? en « L » ? ovale ? ou autre ?
  • Pour l’ouvrir, vous avezpousséla petite porte ? outiré ?
  • Qu’avez-vous vu dans la diffuse lumière orangée ? une pièce ? un escalier – qui montait ou descendait ? devant ? à droite ? à gauche ? – une grotte ? des objets ? lesquels ? où ?...

Les images dans votre regard intérieur

Maintenant que vous avez répondu, je peux vous avouer que j’ai un peu triché – j’en implore votre pardon : vous n’avez peut-être pas fait ce rêve quand vous étiez enfant. Mais, si vous avez joué le jeu, vous venez de le faire il y a un instant.

Le but de cet exercice est de vous faire prendre conscience que, tout en étant impliqué dans une activité mobilisant votre Conscient – ici la lecture – vousvoyezen même temps,dansvotre regard intérieur, ce que votre imagination crée. Il s’est formé, dans votre regard intérieur, l’image du rayon de lune, l’image de la poignée de l’armoire et celle de la poignée de la petite porte. Vous seul, dans votre imagination, avez vu si vouspoussiezou si voustiriezla petite porte pour l’ouvrir...

Ces images se forment en permanence juste en dessous du champ de la perception consciente. Elles ne sont pas « inconscientes », puisqu’il suffit de décider d’en prendre conscience pour y parvenir. Certaines personnes sont plus « visuelles » que d’autres, qui sont plus « auditives ». Mais je n’ai encore rencontré personne qui ne forme pas des images non conscientes. J’ai, par contre, rencontré des gens qui niaient farouchement avoir ces images. Dans ces cas, un peu d’obstination à leur proposer des « rêves » ou des « voyages » imaginaires, ou des plongées dans leurs souvenirs ou simplement des évocations d’objets colorés, et ces personnes ont toutes fini par réaliser qu’elles avaient ces images sous-conscientes.

Tous les humains rêvent en dormant, et les rêves ce sont des images et des symboles apparaissant sous les yeux fermés, dans ce que j’appelle le « regard intérieur ». Ce simple fait devrait prouver qu’il n’existe pas de personnes – même les aveugles rêvent – qui n’ont pas de ces images sous-conscientes.

Tout le monde dans notre Occident semble d’accord pour dire que les rêves, leurs images et symboles, sont des productions de l’Inconscient, même s’il y a des divergences d’opinion quant au pourquoi des rêves ou à leur sens. À l’inverse, on peut affirmer que, si l’image est un aspect du langage de l’Inconscient, on peut utiliser l’image pour communiquer avec lui.

Cela marche dans les deux sens !

Et c’est là l’objet de ce chapitre : comment utiliserle pouvoir de l’image et des symbolespour faire passer vos messages à votre Inconscient, ou à votre RAS via l’Inconscient.

Pour illustrer cela, penchons-nous encore un instant sur la tristeillusionde Romuald et la belleillusiondeMargot(cf. les tableaux 1 et 2 que vous avez rencontrés plus haut). Ils ont mis en place, chacun de leur côté, une interprétation de l’événement « plongée dans la piscine » de façon tout à fait aléatoire. Romualdn’a pas décidéen toute conscience d’acquérir la phobie de l’eau ; Margotn’a pas décidéen toute conscience d’acquérir la capacité de briller et de se valoriser. Cela s’est fait, s’est mis en place non consciemment, non délibérément, non volontairement. Pour Margot ce fut formateur, pourRomualdce fut destructeur.

Margot a envoyé à son Inconscient (en même temps que des mots) des images et des symbolesqualifiantl’expérience vécue, fournissant à l’Inconscient des éléments pour saisir lavaleuretl’interprétationà donner à ce vécu. L’Inconscient les a reçus et y a cru. C’est alors que s’est implantée l’illusionpositive pour Margot. Quel genre d’images Margot a-t-elle utilisées pour cela ? Elle a pu voir, par exemple, dans son regard intérieur, juste en dessous du champ de sa conscience :

  • L’admiration de ses parents et amis, pour elle, lorsqu’elle leur racontera cette aventure (à noter qu’aujourd’hui encore, Margot raconte volontiers cet épisode à ses connaissances).
  • Elle-même, recevant l’admiration et la soumission des petits camarades autour d’elle.
  • Elle-même, supérieure aux petits copains, les prenant de haut et se faisant servir par eux.
  • Elle-même, ayant dominé les dangers potentiels de l’eau, redoutables pour ceux qui ne savent pas nager.
  • Elle-même, apprenant alors facilement et vite à nager...

Revoyons la différence avec les images de Romuald qui ont contribué à implanter l’illusionnégative. Il a pu voir :

  • Le danger mortel de l’eau qui submerge et ne lâche plus sa victime.
  • Lui-même, noyé, après les souffrances de la peur, de la respiration bloquée, de la « tasse ».
  • Le chagrin des parents pour sa mort...

Vous avez là un exemple de la façon dont une mécanique psychologique s’implante. Maintenant, comment allez-vouscontrôlercette mécanique, et utiliser les images et symboles pour convaincre votre Inconscient de la valeur que vous voulez accorder à un événement ou à un comportement ? Ou, plus fort encore, pour le convaincre d’en changer la valeur, l’interprétation déjà implantées ? En d’autres mots : pour éliminer « l’illusionlimitante » et mettre à la place « l’illusionpositive » ? Pour vous donnerle choix de l’illusion ?
Nous y arrivons.

Maîtrisez le pouvoir des images

Vous savez, il y a beaucoup de gens, venus à mon cabinet, qui m’ont dit :
« Je ne vous imaginais pas ainsi ».
Ou le contraire :
« Je vous imaginais tout à fait comme vous êtes ».


Certains s’attendaient à me voir plus petite ou plus grande, ou plus grosse ou plus maigre, ou plus âgée ou plus jeune, ou habillée autrement, ou vivant dans un autre décor...

Souvenez-vous : cela vous est arrivé aussi, d’être étonné de l’apparence de quelqu’un dont vous ne connaissiez que la voix au téléphone ou à la radio. Cela prouve bien que vous vous êtes fait, sans vous en rendre forcément compte, uneimagepréalable de la personne en question.

Donc, vous allez vous servir de cette aptitude que vous avez de former des images dans votre regard intérieur.

Première étape

Tout d’abord, commencez pendant quelques jours à vous entraîner à repérer, à prendre conscience de vos images sous-conscientes. Vous pouvez utiliser différentes méthodes pour ça.

Par exemple, vous pouvez lire un roman d’aventures dans lequel il y a beaucoup de descriptions de lieux et d’actions. Pendant que vous êtes plongé dans votre lecture, et pour peu que vous acceptiez d’y faire attention, vous vous rendrez compte que vous vous faites une image des protagonistes et des décors. Ou bien, vous pouvez faire l’effort de repérer ces images spontanées à toute occasion de votre vie. Des exemples :

  • On vous raconte une blague ou une histoire drôle arrivée à une connaissance – par exemple, comment cette personne, ayant beaucoup bu au réveillon de Nouvel An, s’est levée et a entonné d’un air martial « Capri, c’est fini », avant de partir en titubant vers les toilettes. Il est presque certain que vous vous faites une image de la séquence.
  • Vous vous remémorez la réunion professionnelle qui a eu lieu ce matin – et vous vous la projetez à nouveau dans votre regard intérieur.
  • Vous avez une réunion prévue pour cet après-midi et vous vous imaginez en train de dire votre point de vue avec aisance et fermeté.
  • Vous projetez d’aller dîner ce soir avec votre partenaire de coeur, en amoureux, dans le « trois étoiles » le plus proche. Vous imaginez certainement la scène, le décor et l’expression de votre aimé(e) lorsque vous lui ferez ce cadeau que vous cachez en ce moment dans votre poche.
  • Vous décidez d’aller en vacances à Tahiti cette année. Pourquoi ? Il y a fort à parier que c’est parce que vous vous êtes imaginé, vu, vivant d’agréables moments dans ce genre d’environnement.
  • Ah, si vous gagniez une fortune au loto ! Qu’est ce que vous en feriez ? Je vous fais confiance pour imaginer – et voir dans votre regard intérieur – ce que vous vous offririez avec ce pactole...

Voilà : la prise de conscience del’existence de ces imagesqui sont là, quasi en permanence et de manière sous-consciente et non contrôlée, est la première étape pour acquérir la maîtrise de ce deuxième aspect du langage de l’Inconscient – l’image, le symbole.

Deuxième étape

Passons à la deuxième étape à présent : la prise de conscience descaractéristiques internesde ces images, selon leur qualité positive ou négative pour vous.

C’est un des grands mérites de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) d’avoir mis à jour ce qu’on a appelé les « submodalités » (ou sous-modalités) – vous les avez déjà abordées au chapitre précédent – des images (mode visuel) et de la pensée (mode auditif). Les géniaux créateurs de la PNL ont remarqué que, chez une même personne, les caractéristiques de luminosité, clarté, netteté, distance, taille, ou autres, des images pouvaient être différentes selon que l’image avait une charge heureuse pour elle, ou malheureuse. Je traduis en mon langage : selon que l’illusionqu’elle véhicule est agréable ou désagréable, positive ou négative.

Ces différences varient d’une personne à l’autre : de ce fait, pas plus qu’au niveau auditif, il n’est possible d’établir des constantes universelles. Cette constatation exige de vous que vous fassiez un certain travail pour mettre à jour les quelques submodalités toujours, ou quasi toujours, présentes dans vos images positives ; et celles, présentes dans vos images négatives. Ce sont vos « constantes ». Elles vous sont propres, je le répète, et c’est à vous de les trouver. Vous êtes tout à fait à même de réaliser efficacement cette recherche à condition d’accepter d’y mettre, là aussi, un peu de votre temps, de votre attention, de votre disponibilité.

Croyez-moi : cela en vaut la peine. Rappelez-vous que vous ferez ce travail pour apprendre à réussir votre vie – objectif désirable s’il en est, n’est ce pas ? – et à être un humain complet, Conscient et Inconscient alliés.

Pour vous mettre au clair avec ce que sont les submodalités visuelles : pensez à une photo. Vous avez probablement fait des photos, ou même des films, vidéo ou autres. Vous savez que l’image, sur la photo ou le film, est différente selon qu’elle est fortement éclairée ou pas. Vous avez vu des photos nettes et d’autres pas nettes. Certaines étaient sous-exposées (trop de contraste et sombres), d’autres sur-exposées (pas assez de contraste et fades). Sur certaines, les couleurs étaient vives ; pour d’autres, les couleurs étaient ternes, pastel ou passées.

De même, les images que vous avez dans le regard intérieur peuvent être claires ou sombres, lumineuses ou ternes, colorées ou en noir et blanc, nettes ou peu nettes (ou certaines parties nettes et d’autres moins). Le contraste peut être normal, faible ou fort. Ces images peuvent être statiques, immobiles : photos ou diapos ; ou elles peuvent être animées : film – le mouvement de ce film peut être normal, ou accéléré, ou ralenti. Ces images peuvent êtres plates – en deux dimensions (2D) –, ou avec une profondeur (3D) et, dans ce dernier cas cette profondeur peut être plus importante ou plus plate que dans la réalité. Ces images peuvent avoir une taille (petite, moyenne, grande, très grande, panoramique) ; sembler loin des yeux ou plus ou moins près ; être entourées d’un cadre ou pas. Vous pouvez vous-même figurer dans ces images ou séquences, ou ne pas y figurer. Et, si vous y figurez, vous pouvez vous y sentirdans votre propre peau(y être « associé ») ouvous y voir de l’extérieur, en spectateur (en être « dissocié »). Vous pouvez regarder ces images en levant les yeux ou en les baissant ou de côté : elles peuvent être devant, en haut, en bas, à droite, à gauche...

C’est tout cela, les submodalités : lescaractéristiquesinternes qu’ont les images.

Pour continuer à vous fixer les idées à ce propos, livrons-nous à un exercice pratique que je vous invite vivement à faire maintenant après vous être muni d’un crayon bleu et d’un crayon rouge :
Cherchez dans vos souvenirs (proches ou plus lointains) un épisodevraiment agréablede votre vie, un bon moment, un moment de plaisir ou de victoire, de satisfaction, de joie. Rappelez cet épisode dans votre regard intérieur, laissez venir l’image ou le film de cet événement et regardez bien attentivement plusieurs fois, jusqu’à ce que vous soyez sûr de pouvoir répondre à des questions sur la clarté, la netteté, la couleur etc.
Maintenant que vous avez revu cet épisode de votre passé, munissez-vous du crayon bleu et répondezsur le papieraux questions suivantes :

  • Cela vous est-il revenu sous la forme d’une image statique ou d’un film ?
  • Si film : mouvement normal, ralenti, accéléré ?
  • En couleurs ou en noir et blanc ?
  • Si en couleurs : vives, pastels, ternes ?
  • Image(s) claire(s) ou sombre(s) ? Lumineux(ses) ou terne(s) ?
  • De quelle taille l’image ou les images du film ? :
    • Très petite (format carte postale)             } si oui, qu’y a-t-il autour de l’image ? Un cadre ? Un fond ? Les deux ?
    • Moyenne (écran TV)                                } si oui, qu’y a-t-il autour de l’image ? Un cadre ? Un fond ? Les deux ?
    • Grande (écran cinéma)                             } si oui, qu’y a-t-il autour de l’image ? Un cadre ? Un fond ? Les deux ?
    • Très grande                                               } si oui, qu’y a-t-il autour de l’image ? Un cadre ? Un fond ? Les deux ?
    • Panoramique (dans tout le champ de vision) ?
  • En deux ou trois dimensions ? Si en 3D :
    • plus profond que nature ?
    • Ou plus plat que nature ?
  • À quelle distance de vos yeux cette image vous semble-t-elle ?
  • Dans quel axe mettez-vous vos pupilles pour regarder cette image ?
    • Vers le haut ? au centre, ou plutôt à gauche ou à droite ?
    • À l’horizontale ? au centre, ou plutôt à gauche ou à droite ?
    • Vers le bas ? au centre, ou plutôt à gauche ou à droite ?
  • Êtes-vous dans l’image ?
    • Si oui : associé (vous vivez l’image de l’intérieur de votre corps) ?
    • Ou dissocié (vous vous voyez en étant spectateur de vous-même) ?
  • L’image est-elle nette ou pas ?
    • Qu’est ce qui est le plus net ?
    • Qu’est ce qui est le moins net ?

Maintenant que vous avez, sur le papier, les submodalités de cette image positive, faisons la contre-épreuve.

Cherchez dans vos souvenirs un épisodevraiment désagréable, pénible, un échec, une défaite, une déception, un chagrin que vous avez encore au moins un peu « sur la patate ». Revivez dans votre tête cette séquence, souvenez-vous en, revoyez-la dans votre regard intérieur, suffisamment pour être, là aussi, sûr de pouvoir identifier les submodalités. Reprenez ensuite le questionnaire ci-dessus et répondez-y à l’aide du crayon rouge.

Il y a quasiment 100% de chances pour que certaines (pas toutes) des submodalités soient différentes entre les deux versions, rouge et bleue. Il est même possible que vous soyez étonné de constater qu’il y a des différences dans le « cinéma » (je ne mets aucun sens péjoratif à cette expression) qu’on a dans sa tête : il est vrai que si on ne met pas l’attention consciente dessus, on n’y est pas attentif, on n’en prend jamais conscience.

Pour illustrer encore cela, prenons le cas deMarion, vingt-sept ans, jolie jeune femme, mariée depuis quatre ans, et qui empoisonne sa vie et celle de son mari par une jalousie pathologique et non fondée. Je fais prendre conscience à Marion que, pour stimuler (non consciemment !) sa jalousie, elle fabrique des images dans sa tête dans lesquelles elle se voit trompée, trahie. Elle a d’autant plus le temps de cultiver ainsi cetteillusionnégative, que son mari voyage souvent pour ses affaires. Le couple est au bord du divorce et Marion, qui aime son mari, vient chercher du secours auprès de moi pour éviter cette rupture. Il lui est donc absolument nécessaire de guérir rapidement de cette jalousie destructrice.

Voici les différences de submodalités apparues entre deux images concernant son problème :

  • L’une cristallisant le mécanisme pernicieux avec lequel elle alimente la jalousie.
  • L’autre représentant une situation agréable, vécue avec son mari.

 

Au négatif

Au positif

  • L’axe du regard vers le bas droite
  • La brillance « fluo »
  • La petite taille de l’image
  •  La netteté uniquement pour ce qui représente le problème (l’illusion négative) – le reste étant flou
  • L’axe du regard devant centre ou devant haut
  • La brillance « nature »
  • La grande taille et le panoramique
  •  La netteté uniforme de toute l’image


Et que les constantes les pluspuissantespour ancrer le positif ou le négatif sont :


Au négatif

Au positif

  • L’axe du regard vers le bas droite
  •  La netteté du problème uniquement
  • L’axe du regard devant centre ou devant haut
  •  La netteté générale

À partir de la mise à jour de ses constantes, il a été suffisant d’apprendre à Marion comment cesser de se faire avoir par ses propres imaginations suspicieuses. Chaque fois que l’une d’entre elles apparaissait, Marion savait comment changer ces deux seules submodalités (l’axe du regard et la netteté) pour désamorcer en deux minutes la charge négative et se libérer du problème. Et c’est ainsi que Marion s’est donné les moyens de sauver son ménage et d’y être plus heureuse que jamais encore.

C’est aussi à cela que servent ces techniques que je vous propose dans ce livre : devenir le maître – et non plus la victime – de votre « cinéma » intérieur : éliminer les problèmes, les limitations, les difficultés, liés au fait que ce cinéma envoie, sans contrôle aucun, desillusionsnégatives à votre Inconscient, qui les prend pour des réalités et réagit en conséquence.

RÈGLE :

Pour éliminer la charge négative d’une image, il suffit d’en modifier la (ou les) submodalité(s) repérée(s) comme la (les) plus efficace(s), plus puissante(s).

C’est une simple « gymnastique mentale » (le même genre qu’au plan auditif), qu’on peut réaliser yeux fermés ou ouverts au choix, et qui est facile à apprendre. Rappelez-vous toujours que, dans l’imaginaire, tout est possible : vous pouvez explorer le fond des océans pendant des heures sans avoir besoin de remonter pour respirer ; vous pouvez survoler l’Himalaya ou explorer la planète Jupiter... Alors, il est tout aussi facile de changer quelques caractéristiques de l’image que l’on a en tête...



MARION

 

 

ILLUSION  NEGATIVE

ILLUSION  POSITIVE

IMAGE DANS LE REGARD INTERIEUR

Un moment récent où elle a fantasmé sur une facture d’hôtel trouvée dans la valise de son mari [ce qui est normal, compte tenu de son activité professionnelle] et imaginé comment il s’était éclaté sexuellement lors de cette nuitée avec une femme de rencontre. Ce qui a alimenté une jalousie féroce et une scène de ménage cataclysmique.

Un moment de tendresse et de sécurité vécu avec son mari lors de vacances

SUBMODALITES REPEREES :

 

 

taille

environ écran TV

très grande, panoramique

clarté

très clair : quasiment « fluo »

très clair

forme

Carré

panoramique

netteté

le lit avec les deux partenaires net, le reste flou

très net – tout est net

cadre

pas de cadre /autour noir

Pas de cadre, panoramique

2D ou 3D

2D

3D – profondeur nature

statique ou film

diapo (statique)

diapo

axe du regard

vu de haut vers la droite, doncaxe des yeux vers le bas droite

devant à l’horizontale

couleur / noir/blanc

couleur :plus ou moins « fluo »

couleur :nature

associé / dissocié

dissocié

dissocié

lumière

oui, brillante

luminosité normale

distance au regard

très près, environ 5 cm

environ 2 à 3 mètres


TABLEAU 10

 

À vous maintenant, à la lumière de l’exemple de Marion, de définir vos différences de submodalités. Pour cela, refaites plusieurs fois encore, avec de nouveaux souvenirs positifs mis en regard avec d’autres souvenirs négatifs, l’exercice que vous avez déjà fait une fois avec les crayons rouge et bleu.

Lorsque vous aurez l’impression d’avoir repéré des « constantes » dans le positif et dans le négatif, testez-les :

  • La prochaine fois que vous vous ferez un « cinéma » négatif (vous torturer avec un souvenir traumatisant, ou vous angoisser pour quelque chose, ou cultiver la peur, la colère, ou tout autre sentiment désagréable), utilisez cette simple gymnastique mentale qui consiste à modifier volontairement une de ces constantes repérées –une seule à la fois !Si c’est, par exemple, l’axe du regard à remonter, efforcez-vous de remonter l’image telle qu’elle est, sans rien changer d’autre. Faites le cinq à dix fois –tout est dans l’obstination et la répétition.
  • Puis, cinq à dix minutes après, vérifiez si vous êtes encore dans le même état d’esprit.
  • Si vous êtes sorti du problème, c’est que changer cette submodalité-là était efficace et suffisant. Si ce n’est pas le cas, changez une seule autre des constantes que vous avez pointées, cinq à dix fois de suite. La liquidation de votre problème n’est alors pas loin.

Avec un peu d’entraînement et de soin, vous parviendrez à identifier un ou deux changements de submodalités, pas plus, suffisants pour changer votre état d’esprit négatif à volonté et dans tous les cas.

Vous avezcommuniquéavec votre Inconscient

Faisons maintenant une synthèse rapide de ce que vous savez à présent sur les submodalités, aussi bien au niveau auditif qu’au niveau visuel. Et voyons ce que vous avez réellement fait dans les exercices de travail sur les submodalités dans ces deux chapitres :

  • Vous avez changé d’état de conscience en portant votre attention vers l’intérieur.
  • Vous avez fait l’effort de repérer des caractéristiques du « vocabulaire » visuel et auditif compréhensible par votre Inconscient.
  • Vous avez appris à repérer les caractéristiques (submodalités) de ce « vocabulaire » : les « mots » liés au négatif et les « mots » liés au positif – aussi bien dans votre ouïe intérieure que dans votre vue intérieure.
  • Vous avez appris à employer les « qualificatifs » du positif pour changer le sens du message négatif, de l’illusionnuisible.
  • Vous avez appris à faire comprendre à votre Inconscient ce que vous voulez qu’il saisisse.
  • Vous avez donc « parlé » à votre Inconscient dans son langage propre, avec la bonne syntaxe, grammaire et vocabulaire, auditifs et visuels.
  • Votre Inconscient s’est empressé d’agir pour corriger le tir en fonction de la nouvelle interprétation que votre Conscient lui fournissait.
  • Vous avez, de ce fait, scellé l’alliance entre votre Conscient et votre Inconscient, au service de votre développement, de votre bien-être, de votre maîtrise.

Et cela, en utilisant le pouvoir des images et des mots !

Au fait, vous vous demandez peut-être comment il se fait que ces submodalités peuvent être différentes d’un individu à l’autre. En réalité, l’Inconscient de chacun de nous « parle » et « comprend » un « langage » qui est globalement identique pour tous les humains, puisqu’il est véhiculé chez chacun par les mots, les images et symboles, les émotions-sentiments-sensations et les attitudes corporelles. Cela, c’est commun à tous les humains. Il y a toutefois des différences de l’un à l’autre, appelons ces différences lesparticularités du « dialecte »de chacun : ce sont les submodalités. De même qu’on peut parler la même langue, le français par exemple, mais avec un accent, des tournures de phrases et des expressions particulières qui sont spécifiques à l’Alsace, mais pas à la Bretagne ou au Canada. Il serait trop long et hors de propos de nous attarder ici sur des explications quant à la genèse de ces différences, et sans grand intérêt pratique de surcroît. Rappelez-vous : lepourquoiest souvent moins utile que lecomment...

Il y a d’autres techniques encore pour utiliser le pouvoir des images et des symboles. Mais il est préférable de ne pas les employer seul : la guidance du thérapeute spécialisé en thérapies brèves est, là, plus qu’utile. Avec ce que vous avez acquis dans ces deux chapitres, vous avez déjà des moyens extrêmement puissants pour vous donner lechoix de l’illusion : agissez sur vos submodalités, avec obstination et répétition – ce qui, avec un peu d’habitude, vous prendra quelques minutes. Faites-le chaque fois que vous êtes en butte à un état d’esprit pénible, de quelque nature soit-il.

Et votre RAS, dans tout ça ?

Vous savez maintenant comment changer votre état d’esprit, ou comment amener votre Inconscient à adopter une interprétation positive, uneillusionpositive.

Voyons maintenant comment vous allez vous servir du pouvoir des images et des mots pour transmettre à votre RAS – via votre Inconscient – ce que vous jugez important pour vous, afin qu’il attire votre attention sur tout ce qui passe à votre portée concernant cela.

Supposons que vous ayez en projet d’écrire une thèse sur la symbolique cosmique dans l’art d’une ethnie du Mali. Formez dans votre regard intérieur, et avec vos plus puissantes submodalités positives, une ou plusieurs images de ce projet qui vous mobilise. Faites cela avec obstination, par exemple le soir avant de vous endormir ou le matin, juste après un réveilnaturel, quand votre état de conscience est encore près du sommeil. Par exemple : visualisez le Mali sur une carte, ou (et) des objets d’art du Mali, ou (et) votre thèse terminée avec votre nom et le titre, ou (et) votre soutenance et la mention qui en découle, ou (et) ce que vous imaginerez par vous-même dans ce sens... Et dites en pensée à votre Inconscient, en utilisant vos plus puissantes submodalités auditives, ce que vous attendez de lui.

Supposons encore que vous vous preniez d’envie d’acquérir l’aptitude de notre ami René : visualisez, dans votre regard intérieur, des images de trèfles à quatre feuilles marquées par vos plus fortes submodalités positives – pensez auditivement de même.

Ou supposons que vous soyez « maso » et que vous ayez envie de souffrir de jalousie. Visualisez dans votre regard intérieur et avec vos plus fortes submodalités négatives, votre partenaire vous trompant, ou (et) tout ce qui peut alimenter des soupçons : notes de restaurant ou d’hôtel, cheveu sur le col, objet dans la voiture, ou autre chose. Agissez de même à l’aide de votre voix-pensée... Et votre RAS va vous brancher sur tout ce qui peut aller dans ce sens (même à tort). Votre RAS ne discrimine pas, il se borne à attirer l’attention du Conscient et c’est à celui-ci de faire le tri... (non ! Je plaisante : évitez ce genre de sport mental et ne gaspillez pas les faveurs de votre Inconscient et de votre RAS pour de semblables bêtises !).

Plus sérieusement :

  • Supposons que vous devez faire une tournée d’inspection dans les filiales de votre entreprise, afin d’y repérer ce qui cloche.
  • Supposons que vous ayez besoin de saisir au maximum toutes les informations sur la mouvance et les subtilités dans les domaines économique ou boursier, afin de placer au mieux vos économies.
  • Supposons que, voulant vous associer avec quelqu’un, vous avez besoin de le cerner à sa plus juste valeur...

Une épouvantable timidité

Dans tous ces cas, et dans infiniment d’autres, mettez votre RAS au travail en vous servant des images, des mots et des submodalités adéquates pour lui signifier la mission que vous voulez qu’il remplisse pour vous : attirer votre attention consciente chaque fois qu’une information touchant à votre objectif se présente.

Pour vous illustrer ceci, je vais vous raconter l’histoire deJean-Pierre. Il était venu à mon cabinet pour suivre une psychothérapie. Son problème : une épouvantable timidité. Il avait vingt-sept ans et travaillait dans un atelier de reliure. Pas de femme dans sa vie : jamais il n’avait osé aborder une femme qui lui plaisait. Vie sexuelle : zéro. Image de soi et estime de soi-même : zéro. Perspectives d’évolution : pas grand-chose. Contacts humains : très peu. Plaisir de vivre : guère… Tout de même : une bonne santé, une intelligence correcte quoique sous-employée, une apparence physique agréable.

La grande timidité fait partie des difficultés psychologiques les plus longues à éliminer en psychothérapie. J’ai donc prévenu Jean-Pierre qu’il y faudrait une cinquantaine de séances, soit environ un an et demi de travail thérapeutique. Je lui pronostiquai d’ailleurs que les résultats commenceraient à se voir, par des changements de comportements chez lui, vers le mi-parcours. Le travail fut donc entrepris. Après avoir, pendant une vingtaine de séances, « déblayé » le terrain émotionnel par des méthodes d’hypnothérapie et de PNL, je jugeai Jean-Pierre suffisamment fort pour qu’on parte ensemble à la « pêche aux informations »dans son passé. Voici l’évènement fondateur qui fut exhumé alors :

Jean-Pierre a trois ou quatre ans. C’est un beau dimanche d’été et l’enfant se promène avec sa mère à la fête du village. Il y a là des stands avec des objets de l’artisanat local, d’autres avec des produits du terroir – vins d’Alsace, cochonnailles, pain de campagne, fruits… Il y a aussi une estrade avec des musiciens et, pour l’heure, le maire y fait une allocution aux visiteurs, sans doute pour leur présenter toutes les séductions de l’endroit.

Jean-Pierre est tout devant et il s’agite, chahute et raconte avec excitation des choses à sa mère. Le maire, excédé, demande qu’on lui passe l’enfant qui se sent soulevé et posé sur l’estrade. Et là, face à toutes les personnes présentes, Jean-Pierre est vertement convié à « faire son cirque devant tout le monde maintenant ! ». Le public – et même sa mère – s’esclaffe.

Le garçon est surpris, ne parvient pas à s’adapter. Il a peur et il reste tout raide. Le maire le secoue pour le faire réagir et l’enfant se met à pleurer. Pas même sa mère ne vient le défendre et il se sent impuissant et trahi. Quand l’homme le lâche enfin, voyant qu’il n’en tirerait rien, Jean-Pierre finit par se réfugier derrière la grosse caisse d’où sa mère vient l’extraire en le houspillant pour ne pas lui avoir fait honneur.

Le cataclysme émotionnel est en place et la vision du monde sécurisante qu’avait le garçon vole là en éclat ; sa cohérence interne s’effondre et son Inconscient « comprend » instantanément que les autres sont méchants, qu’être en vue d’autrui est source de grande souffrance. Et il imprime la parade imparablement efficace : la grande timidité qui a toutes les chances de préserver à tout jamais Jean-Pierre d’être ainsi mis en danger. Comme je l’ai déjà souligné, entre ce que l’Inconscient perçoit comme deux maux, il choisit toujours le moindre : ici la protection prime pour lui sur le confort et l’agrément du vécu. Le troisième principe de l’Inconscient – faire aller vers le plaisir – est soumis à la satisfaction du deuxième – protéger du danger.

La guérison de Jean-Pierre

Vous avez bien compris que ce sont les images-symboles et les mots et sons qui catalysent les émotions-sentiments-sensations. Pour vous illustrer comment vous pouvez faire avec votre histoire personnelle, vos séquences à vous, prenons l’exemple de la manière dont Jean-Pierre a procédé pour guérir de sa timidité paralysante. En nous servant ainsi de son exemple, revenons à votre apprentissage de la maîtrise du langage de votre Inconscient, afin delui raconter votre histoire autrement.

Donc, lors de cette séquence fondatrice vécue à l’âge de trois ou quatre ans, Jean-Pierre passe de l’état d’un enfant équilibré à celui d’un enfant craintif, timide, qui a perdu ses repères et sa confiance. Ce moment de crise aiguë modifie immédiatement son comportement, et cette modification génère des réponses provenant de l’environnement différentes de ce qu’elles étaient auparavant. Car il est bien évident que l’attitude que l’on amoduleles réactions d’autrui envers soi.

Jean-Pierre se comporte donc différemment, ce qui modifie ses rapports avec les autres – et c’est ainsi que s’implantent de plus en plus en lui les « preuves » et la certitude que le monde est redoutable. Son RAS le « branche » illico sur tout ce qui va dans le sens de sa peur et le rend aveugle à tout ce qui n’en participe pas. La séquence fondatrice et toutes celles qui suivent alors, continuent ainsi à « prouver » le problème.
Ces scènes vécues, c’est toujours :

  • Des images-symboles, qui sont à la source des attitudes corporelles et des émotions-sentiments-sensations qui vont avec.
  • Des sons, des mots et des phrases, qui sont à la source des attitudes corporelles et des émotions-sentiments-sensations qui vont avec.

Comment Jean-Pierre va-t-il faire pourraconter l’histoire autrementà son Inconscient, de manière à ce que celui-ci lève l’inhibition, ayant compris que cette hyper-protection n’a pas d’objet ?

Pour éliminer son problème, Jean-Pierre, avec mon aide, a revécu mentalement la séquence initiale et certaines autres qui ont suivi, en en modifiant les submodalités visuelles et auditives du négatif au positif. Progressivement, le « sens » de ses souvenirs s’est trouvé modifié et l’Inconscient a finalement cru à la nouvelle version. Et cela a été générateur d’autres émotions-sentiments-sensations que ceux des épisodes initiaux, induisant des attitudes corporelles bien différentes. Cet ensemble est venu fracturer le jugement initial : « Je suis impuissant, personne ne me protège, je suis livré sans défense », et l’a transformé en « C’est rigolo de chanter et danser devant ce public qui m’applaudit ! ».

Pour en arriver là, il a fallu quelques quinze mois et vingt ou trente modifications successives du film de la séquence initiale dans l’imagerie mentale de Jean-Pierre.

Vous auriez vu la transformation opérée par ce travail, vous en auriez été étonné. La première fois que, dans sa thérapie, cet homme a réactualisé son histoire dans son mental, il était assis, immobile, le dos voûté, les poumons écrasés, les bras repliés sur le ventre, la tête et le regard bas, la lèvre tremblante, la voix éteinte, le cœur battant. Tout en lui exprimait la détresse, le sentiment d’abandon et d’humiliation. Les mots qu’il utilisait étaient des mots de défaite et dans les images qu’il décrivait, il y avait des géants (tous les autres) et une toute petite chose vaincue (lui).

La dernière fois que j’ai vu Jean-Pierre réactualiser cette histoire, il était debout, bien droit, les bras relevés en arrière, le geste large. Il poussait la chansonnette avec plein de fausses notes mais la voix bien timbrée, chansonnette suivie d’un éclat de rire et d’un mot pour s’excuser « de vous casser les oreilles avec ma voix d’éléphant ». Son attitude corporelle exprimait l’amusement et une certaine domination – après tout, dans la séquence, il était debout sur une estrade, donc au-dessus du public. Ses émotions-sentiments-sensations étaient : sentiment d’assurance (avoir fait le clown en public lui donnait droit à des applaudissements imaginaires), impression d’être la vedette du moment. Même le maire applaudissait et disait : « Ça, c’est un petit bonhomme qui a du cran ! ».

Aujourd’hui, Jean-Pierre a fini ce travail qui a visé à lui faire, avec obstination,raconter l’histoire autrementà son Inconscient. Son Inconscient à compris le message : Jean-Pierre vit avec une jeune femme tout à fait attractive et il est devenu un très bon psychothérapeute...

Le morphing  psychologique

Vous croyez que c’est trop simple, trop facile ?

Mais essayez donc, faites-vous votre opinion, jugez-en par vous-même ! En procédant par étapes successives et en plusieurs séances :

  • Prenez une séquence de votre passé que vous avez encore un peu « sur l’estomac » : un échec, une déception, une humiliation ou quelque chose d’analogue. Revivez-la dans votre tête telle quelle, avec les images, les sons, les émotions-sentiments-sensations et les attitudes corporelles qui vous en restent et qui vous pèsent encore aujourd’hui. C’est tout cela qui signe votrechoix d’illusionquant à cette séquence.
  • Puis, modifiez les submodalités visuelles en utilisant vos constantes positives que vous avez déjà repérées.
  • Faites ensuite de même avec les submodalités auditives.
  • Servez-vous de votre imagination pour déformer en plusieurs étapes les événements de la séquence vers un scénario qui vous plaît mieux. Une autre version est aussi possible : vous pouvez, par étapes successives, modifier la scène jusqu’à ce qu’elle soit uncartoondans votre imagerie mentale (images et sons), avec des personnages dessinés et ridicules et qui parlent « à la Donald » : quand la séquence vous fait rire, vous avez gagné la libération de vos émotions douloureuses.
  • Dans le scénario final, vous êtes vainqueur et non plus vaincu. Notez bien que, pour cela, vous n’avez besoin de « tuer » personne : dans le nouveau scénario, vous serez mieux vainqueur si vous amenez les autres à vous « manger dans la main » que si vous jouez la carte de la brutalité – laquelle, pour votre Inconscient, est plutôt une marque d’échec que de réussite.
  • Bien sûr, à chaque changement que vous apportez, associez-y des attitudes corporelles et des émotions-sentiments-sensations en rapport, pour conforter votre Inconscient dans la nouvelle interprétation que vous choisissez de lui donner quant aux souvenirs en question.
  • Ensuite, faites de même avec les séquences analogues qui ont suivi, et qui ont solidifié l’illusion négative implantée dans la première scène.

Pour vous fixer les idées : vous avez certainement déjà vu les différentes séquences d’unmorphing ? C’est un procédé informatique : dans le morphing on a une image de départ (par exemple la tête d’un Tyrannosaurus Rex) et une image d’arrivée (par exemple le beau visage de Monica Belucci). Le logiciel génère une transformation progressive de l’image de départ vers l’image d’arrivée, avec toutes les étapes intermédiaires.

C’est un peu cela qu’il vous faut faire : passer, par étapes intermédiaires, d’une séquence mal vécue au cours de laquelle a été adoptée uneillusionnégative, à la même séquence transformée où s’impose unchoix d’illusionpositif.

En PNL, on appelle cela : « réécrire l’histoire de vie ». Moi, j’appellerai cela volontiers : lemorphing psychologique...

Répétez pour réussir

La réussite tient dans uneRÉPÉTITIONsuffisante de l’ensemble de cette procédure dans votre mental. Donc,obstinez-vous, répétez les transformations et les nouveaux scénarios avec les nouveaux paramètres (submodalités).Et le message parviendra à destination et convaincra votre Inconscient.

Votre comportement changera alors tout naturellement : votre phobie disparaîtra ou votre limitation s’éloignera...

Vous pouvez utiliser cette procédure chaque fois qu’un de vos problèmes de comportement a pour source une séquence vécue que vous pouvez identifier. Car elle est la première d’une chaîne de scènes qui renforce son impact négatif et générateur de limitations, de souffrance.

Ce permanent présent

Rappelez-vous toujours ce qui suit : votre Inconscient ne fait pas de différence entre le « rêve » et la « réalité ». Ce qui lui parvientdans le bon langageest, pour lui, réel. Votre Inconscient ne sait pas conjuguer les temps : pour lui il n’y a ni passé, ni futur, seulement le présent. Tout ce qu’il « contient », ressent, perçoit, tout ce à quoi il réagit est, pour lui, du présent. Même ce viol, subi il y a huit ans par cette jeune femme, estprésentà chaque fois que quelque chose se produit qui en réveille la charge. Même le stress subi à quatre ans par Jean-Pierre est présent et vivant à vingt-sept ans encore : sa charge ne peut changer qu’avec la communication d’une autre interprétation à l’Inconscient.

Ce qui vous pèse aujourd’hui, de votre passé, est duprésentpour votre Inconscient.

Lorsque vous modifiez la charge en vous d’un événement passé, en utilisant le langage de l’Inconscient, vous modifiez quelque chose qui est présent et vivantaujourd’hui. Et cela a une action sur la suite de votre temps, sur votre « présent futur ».Lorsque votre Inconscient a accepté un changement, l’ancienne versionN’EST PASreléguée dans un coin pour resurgir peut-être un jour. C’est unetransmutationqui s’opère : seule la nouvelle interprétation existe dans ce présent de l’Inconscient. C’est comme si l’ancienne n’avait jamais existé (même si le Conscient, lui, peut s’en souvenir) : toutes les chaînes de comportement qui y étaient accolées sont évanouies et remplacées par les chaînes de comportement connectées à la nouvelle interprétation.

Ce n’est pas extraordinaire, ça ? Si, dans le monde « réel », le passé est inamovible et ne peut être changé, au niveau de l’Inconscient, le temps linéaire, qui ne va que dans un sens, est une barrière qui n’existe pas. À ce niveau, vous pouvez changer le passé et agir sur l’avenir : vous pouvez convaincre votre Inconscient de vous préparer un autre avenir que celui qui semble logique sur vos bases actuelles. Qui eût cru que Jean-Pierre deviendrait un jour psychothérapeute ? Personne. Et surtout pas lui. Et pourtant, c’est bien ce qui est arrivé...


Mes livres

Je suis auteur d'articles scientifiques et de livres de psychologie :


  • -Bien vivre, Mal vivre/ à vous de choisirInterEditions

  • -Communiquer avec les autres, c'est facile !Éditions de L'Homme

  • -Bien se connaître pour bien piloter sa vieInterEditions

  • -Vous n'aimez pas ce que vous vivez ? Alors, changez-le !Marabout (épuisé)


  • -Éliminez vos peurs et blocages - avec les Métaphores ThérapeutiquesNeo Cortex éd.


  • -Angoisses, anxiété - Comment vous en délivrerNeo Cortex Ed.


Avec Michel Nachez :

  • -Technostress TechnophophieÉditions de L'Homme



Et, avecDonald Akutagawa et Terry Whitman:

  • -Mêlons-nous de nos affaires : nos territoires et ceux des autres dans la vie personnelle et professionnelleInterEditions