Utilisez le pouvoir des mots

Partie 2 -Chapitre 7

LE LANGAGE DE L'INCONSCIENT

UTILISEZ LE POUVOIR DES MOTS

« Les scientifiques devraient accepter le fait que, pour avoir accès à un état supérieur de conscience, il faille en apprendre le « langage. » - B. Josephson - prix Nobel de physique -

Les mots sont extrêmement puissants. Un mot, un seul, peut vous faire changer d'humeur instantanément.

Imaginez-vous entrant tranquillement un matin dans l'ascenseur de l'entreprise où vous travaillez. Un collègue, monsieur Dupond, y entre en même temps que vous. La porte se ferme pendant que vous saluez monsieur Dupond. Et celui-ci, au lieu de vous rendre votre "bonjour", vous dit : « Salaud ! ! ! ».

Il y a 98% de chances que cela change instantanément votre état d'esprit. Ce seul mot a pu déclencher en vous une poussée d'adrénaline - réaction biochimique sur laquelle vous n'avez aucun contrôle conscient -. Cette poussée d'adrénaline provoque une excitation généralisée de votre système nerveux et un changement dans votre thermorégulation interne : vous avez plus chaud par augmentation des combustions. La fonction contractile de vos muscles est stimulée et pour cela, il y a modification de leur vascularisation : le sang y afflue. L'amplitude de votre respiration se modifie pour amener plus d'oxygène au sang et il y a accélération du rythme de votre coeur. Il y a aussi une action sur votre rate qui, par un mécanisme qui s'appelle la splénocontraction, modifie votre pression sanguine, votre taux de glycémie et la quantité d'hématies dans votre sang. Il peut y avoir en plus une action sur la libération de corticoïdes surrénaliens. Il y a une dilatation des pupilles, une tendance à ériger le système pileux ("chair de poule") et une action sur les muscles du visage induisant un changement d'expression faciale...

Ce seul mot a réussi tout cela !

Mais imaginez maintenant que vous rentrez de votre travail, d'assez méchante humeur. Vous poussez la porte de votre appartement et vous voyez dans le couloir votre petite fille de 3 ans, sanglotant, qui vous regarde d'un tout petit air et vous dit : « J'ai peur ! »

Il y a fort à parier que cela va instantanément vous faire oublier votre grogne et vous faire changer d'état d'esprit. Là aussi, tout un ensemble de réactions dans votre organisme, dont je vous épargnerais la description cette fois-ci, se met en branle, qui vous fait oublier votre problème et jette toutes vos forces dans la résolution du problème de votre enfant. Et pour cela, seuls trois petits mots ont été prononcés.

Un troisième exemple ? Vous rentrez chez vous de méchante humeur (encore !), et votre partenaire amoureux vous dit : « Je t'aime » ou « J'ai envie de toi ». Il y a bien des gens qui, immédiatement, changeraient d'humeur pour ces quelques mots prononcés... et cela pourrait bien induire les réactions physiologiques adéquates pour que vous passiez un heureux moment ensemble.

Encore un exemple et j'arrête : vous rentrez chez vous de bonne humeur. Votre partenaire amoureux, en vous voyant, et sans lever les yeux de son journal dit : « Ah, c'est toi... ». Il est bien probable que votre belle mine s'assombrirait et que vous vous mettiez à grogner rien que pour ces trois à quatre mots-là.

C’est cela, le pouvoir des mots ! Vous entendez les mots, vous les interprétez et les rendez alors catalyseurs, en vous :

1) De réactions physiologiques que vous ne contrôlez pas ;

2) Et déclencheurs d’émotions tout à fait réelles.

Soyez très attentif : vous n'avez pas la même réaction interne lorsque vous pensez « soleil » que lorsque vous pensez « brouillard ». Ni lorsque vous entendez le mot « cocotiers » par rapport à « mine de charbon ». Et comparez ce que vous ressentez face à : « musique » et « cacophonie » ; « orchidée » et « gadoue » ; « vahiné » et « souillon » ; « or » et « plomb »...

Vous n'avez pas non plus la même réaction interne, le même ressenti, lorsque vous pensez « Je suis fou de rage », que lorsque vous pensez « Je suis un peu contrarié ». Comparez : « Je vais lui casser la gueule ! » et « On va s'expliquer calmement » ; « J'en ai marre de... » et « Ça m'embête un peu » ; « C'est foutu » et « Je vais chercher une solution » ; « C'est la catastrophe » et « C'est un problème à résoudre... ».

Testez cela par vous-même

Je sais bien que, à froid, ces mots et expressions que vous lisez en ce moment ne vous agitent probablement pas outre mesure. Alors, comme je veux tout de même vous convaincre, utilisons votre propre vécu. Je vous invite à vous souvenir d'un moment de votre vie, récent ou plus ancien, où vous avez eu un gros conflit, ou une grosse difficulté, ou une défaite - et qui vous reste encore « un peu sur la patate » -. Ce genre de chose est arrivé à chacun d'entre nous.

Replongez-vous donc dans cet épisode de votre vie et faites-vous des commentaires sur ce problème : « C'est affreux » ou « Je ne vois pas de solution », ou quoi que ce soit qui vous vienne à l'esprit dans le genre catastrophiste. Ressentez-vous bien pour percevoir l'impact sur vous, sur votre physique et vos émotions, de ces définitions-là.

Puis, trouvez d'autres formulations plus anodines et plus légères pour ce même problème et ressentez vos perceptions à nouveau : il y a fort à parier que votre ressenti, vos émotions, sont différents maintenant.

Ainsi, les définitions verbales catastrophistes vous cassent le moral et l'énergie, et vous font baisser la tête, les bras et le regard. Les définitions plus légères tendent à vous donner davantage de « jus », vous laissent (au minimum) l'impression d'avoir un certain pouvoir pour solutionner ou dépasser le problème.

Cet exercice sera encore plus convaincant si vous êtes, dans votre vie présente, face à quelque chose qui vous angoisse, vous fait peur ou vous semble plus ou moins insurmontable. Si vous êtes dans ce cas, mettez-vous en face de ce problème et allez­y : jugez-le, qualifiez-le de manière catastrophiste, puis plus anodine. Et ressentez bien la différence de votre vécu, de vos réactions, de ce que cela vous donne ou vous enlève de pouvoir...

Peut-être me direz-vous que les mots qu'on emploie ne changent pas les situations, et qu'une situation catastrophique et sans issue le reste, même si on s'obstine à en dire que « ce n'est pas si grave que ça ».

Et vous aurez tort !

Je ne connais qu'une seule situation qu'on peut (peut-être) qualifier de « catastrophique et sans issue » : c'est la mort.

Je ne suis pas d'un optimisme béat et imbécile. Par contre, je sais qu'on a le choix de l'illusion. Et je choisis toujours l'illusion qui me donne du pouvoir et me fait avancer - et jamais l'illusion qui me casse l'intelligence et les bras -.

Revoyez votre passé : vous avez sans doute dû affronter des moments très difficiles, où vous avez cru que « c'était fichu ». Aujourd'hui, ou bien vous en êtes mort - et alors, vous aviez raison (mais c'est peu probable, puisque vos yeux courent sur ces lignes !) -, ou bien vous avez dépassé le problème et vous n'en êtes plus là. Ce qui prouve que ce n'était pas « fichu » : c'est vous qui aviez choisi cette illusion-là.

Je connais des personnes qui ont cru que leur vie était finie parce que leur conjoint(e) les quittait, et qui sont bien plus harmonieusement mariées aujourd'hui. Je connais des personnes qui ont cru sombrer lors d'un licenciement, et qui sont aujourd'hui plus haut dans leur carrière, avec un Moi professionnel de belle qualité.

On connaît des gens qui, à la suite d'un accident se sont retrouvés handicapés à vie et qui, aujourd'hui, sont des piliers pour soutenir autrui - nous avons eu un secrétaire d'état dans ce cas -.

Certains ont perdu leur fortune, ont « déprimé » un bon coup, puis en ont profité pour en rebâtir une autre.

Nous avons tous, aussi, croisé des personnes restées sur une illusion noire qui les a phagocytées, leur a ôté tout pouvoir, les a amenées à la déchéance, voire les a détruites. Pourtant, elles aussi, avaient le choix de l'illusion.

Gagner ou perdre

Nous avons tous le même cerveau : si certains s'en tirent à leur avantage face à l'atteinte physique, à la ruine matérielle, à l'échec, à la secousse professionnelle, alors chaque humain détient ce potentiel-là. On peut fléchir la tête sous l'adversité (l'illusion négative) et la redresser ensuite (choisir ensuite l'illusion positive).

On peut aussi choisir tout de suite l’illusion positive, celle qui laisse de l’énergie et du pouvoir, garder la tête haute et partir à l’assaut des solutions

Dans les pires périodes sur un plan collectif, il y a ceux qui gagnent et ceux qui se laissent perdre. Gagner ou perdre, cela va beaucoup dépendre des mots que vous utilisez pour qualifier, définir, ce qui vous arrive, ce que vous redoutez, ce que vous projetez.

En utilisant les mots de l'illusion positive, de l'interprétation qui vous donne du potentiel, vous indiquez à votre Inconscient, dans son langage, que la qualité et la valeur qu'il doit leur accorder est positive.

Par contre, lorsque vous pensez réellement « c'est fichu », cela s'accompagne, sans que vous puissiez le contrôler, d'une émotion de type abattement, échec, perte de pouvoir. Cela s'accompagne aussi d'une vision négative : images et symboles, dans votre « regard intérieur » de l'échec, de la défaite - votre imagination met cette situation en scène dans votre tête, d'une façon ou d'une autre -. Votre attitude corporelle, votre physiologie, se règlent à tout cela : vous avez le dos voûté, le regard baissé et ressentez un manque d'énergie. Là, vous avez choisi l'illusion négative.

Dans les deux cas, vous avez fait quelque chose d'énorme : vous avez, instinctivement, utilisé le langage de l'Inconscient, dans la bonne syntaxe, grammaire et vocabulaire. Votre Inconscient a compris la teneur du message et il réagit en conséquence.

Vous avez choisi de lui transmettre l'illusion négative ? Il va aussitôt se dire que, puisque « c'est fichu » et que vous êtes irrémédiablement vaincu, il vaut mieux vous mettre sur une voie de garage, vous faire plier sous le faix, vous réduire votre énergie au maximum, vous ramener le regard « sur votre nombril ». Et cela, afin de ne pas vous faire courir de risque supplémentaire : ce faisant, il réduit au plus qu'il peut les risques d'actions inconsidérées qui pourraient se révéler dangereuses pour vous, ou encore plus chargées de souffrance. Entre deux maux, il choisit le moindre : la souffrance de l'échec est pour lui moindre que celle qui proviendrait d'une action contre cette absolue fatalité du « c'est fichu ».

Vous lui avez, au contraire, transmis l'illusion positive ? Ça change tout !

Cela change tout, et pour le même évènement !

Il faut que vous compreniez bien cela et que vous l'intégriez. Et pour vous illustrer cela, je vous propose les quatre tableaux 3-4-5-6 qui, pour quatre domaines importants de la vie (l'affectif, le physique, le professionnel et le financier), vous illustrent la différence de valorisation et d'interprétation, l'illusion positive et négative pour un même événement.

Vous verrez comment on utilise sans le maîtriser, mais tout à fait efficacement, le langage de l'Inconscient pour lui transmettre cette interprétation. Et vous verrez quel type de réaction l'Inconscient peut alors implanter. J'ai volontairement choisi des situations lourdes, qui seraient très difficiles à vivre pour la plupart d'entre nous : le handicap physique, le « clash » sentimental, la « déchéance » professionnelle, la ruine financière. Et cela, parce que la plupart des problèmes que nous affrontons dans notre vie n'ont pas cette ampleur-là – et pourtant, ils « aplatissent » certains. Si dans ces cas très lourds, il est possible de cultiver l'illusion positive et de s'en sortir à son avantage, combien plus est-il possible de le réussir pour des situations plus légères...

J'ai, volontairement aussi, choisi les deux pôles extrêmes : l'illusion la plus négative d'un côté, la plus positive de l'autre. C'est quelque part entre ces deux pôles que se situe la réaction de la plupart des gens à qui cela arrive. Mais, lorsque l'Inconscient comprend une illusion négative, c'est que c'est celle-ci qui lui a été transmise majeurement, et vice versa (j'ai délibérément éliminé la pire version, celle qui aboutit au suicide : lorsque l'Inconscient n'entrave plus cette autodestruction, c'est qu'il y a une fêlure profonde. On est là face à une pathologie relevant d'abord et avant tout de la psychothérapie).

Examinez attentivement ces quatre tableaux. Comparez les interprétations positives et négatives dans chaque cas, leur cohérence et logique internes, leurs conséquences sur le comportement, leur pouvoir sur la suite du vécu.

Et considérez ceci : si on peut parvenir, avec une telle efficacité, à faire passer une interprétation négative à son Inconscient - et cela sans le faire exprès ! ‑, on peut (et on doit) parvenir à lui faire entendre le message inverse, positif. Votre Inconscient, contrairement au Conscient, n'est ni têtu ni « tête de mule ».

Il est accessible au changement. Il a une perméabilité suffisante pour écouter un autre son de cloche, à condition de lui parler dans son langage, alliant mots, images, sentiments-sensations et attitudes corporelles, dans les bonnes syntaxe, grammaire, vocabulaire (et c'est ce que vous allez apprendre dans les chapitres suivants)..

En dehors de cas pathologiques rares, il reste toujours possible et fécond de transmettre à votre Inconscient l'illusion que vous préférez pour éliminer celle qui vous limite, vous écrase, vous appauvrit.

L'expérience de Jeannette

Jeannette, « larguée » par son mari amoureux d'une jeunette après vingt-deux ans de mariage, entre dans une dépression noire, fait plusieurs tentatives de suicide ratées et finit par atterrir dans mon cabinet, entraînée par sa fille de vingt ans. Environ huit semaines après notre première entrevue, Jeannette se réveille un matin et... se sent bien, étonnamment. Elle m'a dit ensuite :

– C'est comme si un rideau s'était déchiré. Je me suis sentie bien, libérée, je n'en revenais pas. Je me suis demandée comment j'avais fait pour me vautrer ainsi dans la déprime pendant plus d'un an. Je me suis même demandée pourquoi je n'avais pas réalisé tout de suite que, si j'avais dû rester avec mon mari toute la vie, ç'aurait été l'enterrement de première classe pour moi. Parce que, finalement, mes vingt-deux ans de mariage, ce n'était pas le paradis : on avait des conflits régulièrement, les disputes étaient fréquentes, on ne s'est jamais bien compris, lui et moi. Il a même eu une maîtresse pendant plusieurs années et je le savais.

Comment avais-je bien pu faire pour vouloir mourir à cause de ça ? A croire que je pleurais après tous les ennuis que j'avais eus pendant ma vie avec lui. C'est fou, ça !

Ce que j'ai fait pour obtenir ce résultat ? J'ai tout d'abord pris les choses en main sous l'angle psychothérapeutique, en utilisant pour cela les techniques thérapeutiques de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL). Puis, j'ai appris à Jeannette à communiquer à son Inconscient une nouvelle interprétation de sa situation avec la grammaire, le vocabulaire et la syntaxe justes. Cela a « mijoté » dans les profondeurs, puis s'est inscrit dans le comportement. Et aujourd'hui, trois ans après, Jeannette a refait sa vie et ne regrette plus, mais vraiment plus du tout, son premier mariage...


"CLASH"   PHYSIQUE :
ACCIDENT OU MALADIE QUI LAISSE HANDICAPE
Illusionnégative

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« Ma vie est finie ». « Je suis foutu ». « Je ne vaux plus rien ». « J'ai tout perdu ». « Je ne pourrai plus jamais faire ceci, cela ». « Je suis cuit ». « Je ne plairai jamais à personne – personne ne voudra plus de moi. » « Ma vie sexuelle est finie ». « Je ne suis plus qu'un légume ». « Je ne serai plus jamais autonome, je vais peser sur les autres et être tributaire de leur bon vouloir ». « Je n'ai plus d'avenir ». « Il vaudrait mieux que je sois mort ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit grabataire, impuissant. Se voit servi par des gens, parents, amis, auxquels cela pèse. Se voit sans revenus autres qu'une maigre allocation, vivant plus ou moins misérablement de l'aide d'autrui. Se voit nécessitant l'aide d'autrui pour se laver, aller aux toilettes. Se voit seul, affectivement et sexuellement. Se voit vieux, pauvre et abandonné.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

Rumination sur le passé. Sentiment de perte absolue. Désespoir, tristesse, abattement, défaite, larmes plus ou moins rentrées. Dépression, pessimisme. gorge serrée, estomac noué, coeur qui serre. Energie absente. En veut à tout : au destin, aux autres, à la vie. Regrets stériles.
Regard bas. Commissure des lèvres vers le bas. Tassement. Tête basse, respiration étriquée.

SENS DU MESSAGE

« Tout mon potentiel est fini. Il me reste à subir la suite en me recroquevillant sur moi-même ».

SUITES

Dépression. Solitude morale. « Nombrilisme » négatif. Méfiance, suspicion envers autrui. Enfermement en soi. Ce qui, paradoxalement, donne un certain pouvoir sur les autres, « moindre mal » choisi par l'Inconscient par rapport à un désespoir encore plus grand. Le RAS « branche » sur tout ce qui va dans le sens du négatif.

QUELQUES
NOMS

Je n'en connais pas : avec ce genre d'illusion négative, on ne laisse pas de trace dans l'histoire, les sports, la politique, les arts, les sciences...


TABLEAU 3 A

 

« CLASH »   PHYSIQUE :

ACCIDENT OU MALADIE QUI LAISSE HANDICAPE
Une première phase déprimée –
illusionnégative –
peut se transformer en ceci :
illusionpositive

 

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« Je vais m'en sortir ». « Je vais réagir ». « Je ne suis pas le premier à qui ça arrive, d'autres s'en sont sortis, alors moi aussi. Je vais trouver comment ». « J'ai des amis, de la famille, qui m'aiment et me soutiendront ». « Qu'est-ce que je peux faire, apprendre maintenant, pour me créer une vie valable pour la suite ». « Il me reste ceci, cela, (mon intelligence, mes bras, ma créativité, mon imagination, ou autres), je vais chercher comment les dynamiser pour réussir ma vie grâce à ça. Je peux le faire et je vais le faire ». « Je sais ce que j'ai perdu. mais est-il possible que j'y aie gagné quelque chose, et si oui, je vais trouver quoi ». « Tant que je suis vivant, je peux réaliser et réussir des choses ».

IMAGES ET
SYMBOLES
DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit capable d'agir avec les potentialités existantes : intellectuelles, artistiques, physiques ou relationnelles. Se voit capable de rester en relation avec autrui sur différents plans.

 

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

De l'élan. Envie d'agir. Envie d'activer ce qu'il est possible d'activer. Espoir en l'avenir. Sensations d'énergie potentielle.

Capable de sourire. Respiration plus ample. Regard levé.

SENS DU
MESSAGE

« Maintenant, trouver de nouvelles dimensions à ma vie ».

SUITES

Se remet en action. Stimule son Inconscient et son RAS à trouver des solutions, des ouvertures, des modes d'action et des intérêts.

QUELQUES
NOMS

Le physicien Stephen Hawking. L'hypnothérapeute américain Milton Erickson (qui a passé presque toute sa vie en fauteuil roulant). Tous les sportifs qui participent aux jeux paraolympiques. Le chef d'entreprise Louis van Proosdij.

 TABLEAU 3 B


« CLASH »   FINANCIER
Illusionnégative

 

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« J'ai tout perdu ». « Plus rien ne sera jamais comme avant ». « J'ai perdu ça, ça, ça, ça... ». « Plus jamais je n'aurai ça (une villa, une limousine, etc.) ». « Je suis pauvre ». « Plus personne ne va me respecter ». « Je vais être la risée de tout le monde ». « Ils vont avoir pitié de moi ». « Ils vont pouvoir m'écraser de leur richesse ». « Je vais me retrouver dans un taudis ». « Ma famille va souffrir, l'avenir de mes enfants est compromis ». « Je suis un minable ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Voit tout ce à quoi il « faut renoncer à jamais ». Se voit plus ou moins clochard. Voit autrui le regarder de haut, et lui-même tout petit. Se voit incapable de regarder autrui en face. Voit et entend des reproches qu'on lui fait. Voit tout ce qui est perdu.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

Sentiment de perte irréparable. Autodévalorisation, abattement, sentiment de défaite, d'échec. Peur de la pauvreté et du regard d'autrui. Peur de l'avenir, regret du passé. Sentiment d'humiliation. Se sent jugé, se sent coupable. Sensation de froid, d'être démuni.
Attitude abattue, respiration courte, épaules rentrées, dos rond, énergie carencée. Tête et regard bas. Plexus contracté. Gorge serrée.

SENS DU MESSAGE

« J'ai essayé d'être riche : j'ai échoué. Je n'y arriverais plus jamais ».

SUITES

Comportement d'échec. Se montre aigri, envieux. Se renferme sur soi-même. Casse la communication avec ses proches et autrui. Regrets stériles du passé prospère. L'Inconscient protège d'une nouvelle ruine et de la souffrance y afférente en faisant échouer toute action vers une nouvelle aisance – qui est comprise là comme les prémisses de la réitération de cette souffrance.

QUELQUES
CAS

Les suicidés à la suite du krach boursier de 1929.

TABLEAU 4 A


"CLASH"   FINANCIER
Illusionpositive

 

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« M'adapter ». « C'est un coup dur, mais j'y suis arrivé une fois : j'arriverai encore à la prospérité ». « C'est arrivé à d'autres, et ça ne les a pas empêché de rebâtir leur fortune ». « Je vais me battre pour ma famille, mes enfants, moi-même et mon prestige ! ». « J'ai prouvé que je sais m'enrichir : je vais trouver comment, au mieux, repartir à zéro ». « Je me donne tant (un an, deux ans,...), pour me retrouver encore plus riche qu'avant ! ». « J'ai tous ces atouts pour m'enrichir encore ». « Je vais leur montrer que je suis plus difficile à abattre que ça ! ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit repartir au combat. Se voit utiliser des techniques, des idées, des filons pour rebâtir son aisance. Imagine sa réussite, comment et quand il va à nouveau disposer des mêmes éléments de prospérité, ou davantage. Voit l'étonnement, lorsqu'il aura reconstruit son aisance, de ceux qui aujourd'hui ricanent. Se voit grand devant les rivaux. Voit ses réussites passées et les extrapole sur l'avenir.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

Stimulation, émulation, sensation d'énergie « picotante ». Envie d'agir, de bouger, de se lancer à nouveau dans la bagarre. Impatience et une certaine agitation mentale à l'affût d'idées, une sorte de « brainstorming » spontané. Envie de repartir à l'assaut de la richesse. Elan vers l'avenir.
Respiration plus ample, épaules rejetées en arrière. Attitude de défi, d'élan, de combativité. Tête haute et regard aiguisé. Expression décidée. Appel d'énergie.

SENS DU MESSAGE

« C'est un défi qui m'est lancé et que je vais relever. Et gagner brillamment ! ».

SUITES

Combativité et action dirigées vers le but. L'Inconscient et le RAS « branchent » sur les opportunités concernant le but poursuivi, stimulent aux idées allant dans ce sens et aux aptitudes idem. Ils mettent à disposition l'énergie nécessaire pour cela.

QUELQUES
CAS

Voyez Anthony Robbins dont je vous parle plus loin dans ce chapitre. Et aussi tous ceux qui se sont relevés des krachs boursiers.

TABLEAU 4 B


« CLASH »   SENTIMENTAL SEVERE
Divorce, rupture...    
Illusionnégative

 

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« Ma vie est finie ». « C'est un horrible échec ». « Que vais-je devenir maintenant ? ». « J'ai tout perdu, tout ce sur quoi j'avais bâti ma vie ». « Je suis tout(e) seul(e) ». « Je suis malheureux(se) ». « Je n'aimerai plus jamais ». « Je ne ferai plus jamais confiance ». « Je ne crois plus en l'amour ». « L'amour, c'est une belle fumisterie ! ». Ou alors : « Tous les hommes (toutes les femmes) sont des salauds (salopes) ! ». « On me le payera ! ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit seul(e) pour tout le reste de la vie, malheureux(se) et abandonné(e). Se voit se suicidant et imaginant la culpabilité du « coupable ». Ou bien : se voit en train de « le faire payer » à quelqu'un d'autre en abusant des sentiments de celui-ci. Ne voit que ce qui est perdu.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS

 

et ATTITUDES
CORPORELLES

Au bord des larmes. Perte de pouvoir. Rumination sur le passé. Dépression, tristesse, cafard, abattement, énergie carencée, peur de l'avenir solitaire. Sentiment de défaite définitive. Solitude morale. Désir de mourir, « mal au cœur », humiliation. sentiment d'être rejeté. Se sent couler, envie de se laisser aller. Ou bien : colère, haine, ressentiments, envie de punir, envie de tuer. Elan coupé, énergie carencée, gorge serrée. Tête et regard baissé, bras ballants, avachissement de la posture, respiration étriquée, épaules rentrées, dos rond. Ou bien : énergie anarchique malsaine. Dents et mâchoire serrés, regard fixe et rictus. Epaules, dos et mains crispés. Adrénaline. Plexus noué

SENS DU MESSAGE

Amour = souffrance et échec.

SUITES

Se renferme dans la méfiance et une exigence excessive envers autrui au niveau affectif. Donc, ne peut guère s'épanouir affectivement en « lâchant prise » et en faisant confiance. Défenses mises en place par l'Inconscient pour « blinder » contre la réitération de cette souffrance = mise en place d'un comportement tout à fait ad hoc pour avoir le maximum de chance de rester seul(e) = ne plus courir le même risque : agressivité, ironie, par exemple.

QUELQUES
CAS

Voyez les faits divers dans les journaux.

TABLEAU 5 A


"CLASH"   SENTIMENTAL SEVERE
Divorce, rupture...      
Illusionpositive

 

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« M'adapter ». « Trouver comment passer le cap ». « Il faut maintenant tirer la leçon de ce qui s'est passé, pour éviter les mêmes erreurs par la suite ». « La vie continue et je peux trouver quelqu'un d'autre et de mieux ». « Je suis libre maintenant de recommencer ma vie, et bien mieux ». « Quand un sentiment est mort, c'est la preuve qu'il n'était pas viable. Je ne vais pas m'effondrer pour ça ». « Quelle médiocrité affective, si ça avait continué : finalement, ça me secoue, mais cette rupture me sauve de cette médiocrité-là ». « Il vaut mieux repartir à zéro que la « guerre de trente ans ». « Je vais prendre soin de moi pour plaire à nouveau ». « Je vais refaire ma vie ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit se pomponner, sortir, rencontrer quelqu'un, séduire. Se voit se remettre avec quelqu'un et rebâtir quelque chose. Imagine quoi changer en soi pour augmenter son pouvoir de séduction. Voit ce qu'il y a à gagner de la situation: aller vers du neuf, redécouvrir.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

Envie de plaire. Elan vers l'avenir. Une certaine excitation et curiosité de ce que la vie va encore apporter. Ouverture.

Elan stimulé. Energie disponible. respiration ouverte, tête redressée. Regard « vers l'avenir ».

SENS DU MESSAGE

L'amour est nécessaire à ma vie = rencontrer un nouveau partenaire.

SUITES

Comportement ouvert et disponible à la communication. Se rend capable de séduction. L'Inconscient stimule les aptitudes favorables en ce sens, facilite le mental et coeur ouverts. Le RAS « branche » sur les opportunités affectives.

QUELQUES
CAS

Regardez autour de vous : nous avons tous rencontré des remariés heureux.

TABLEAU 5 B



« CLASH »   PROFESSIONNEL
Illusionnégative


MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« C'est fini, c'est foutu ! ». « Je ne vais plus trouver de travail ». « Je vais finir clodo ou au RMI ». « Je vais devoir accepter n'importe quel job pour pouvoir manger ». « De nos jours, avec le chômage galopant, je n'ai plus aucune chance de ma recaser ». « Je ne vais même plus pouvoir payer mon loyer ». « Je vais être à la charge de mes proches ». « Je ne vais pas pouvoir assumer les études de mes enfants ». « Je suis un minable ». « La vie est dure ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit cherchant dans les petites annonces, en vain. Se voit, se présentant à un travail et se faisant refouler. Se voit, tête basse et tout petit, devant ses anciens pairs. Se voit, méprisé, dédaigné, jugé nul. Se voit traîner sans but, inutile, jour après jour. Imagine le regard de reproche de ses familiers. Ne voit que ce qui est perdu.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

Défaite, échec, humiliation, déception, autodévalorisation, peur de l'avenir, angoisses, sensations d'énergie envolée. Ressentiment. Regrets. Sentiment de perte irréparable.
Energie carencée. Tête et regard bas. Respiration oppressée, épaules rentrées. Gorge serrée. Plexus crispé. Eventuellement pouces rentrés dans la main fermée.

SENS DU MESSAGE

« L'avenir est sombre et sans espoir ». « Ce n'est pas la peine de m'agiter : il vaut mieux m'écraser, car c'est sans issue ».

SUITES

« Vaincu d'avance » dans toutes les tentatives pour retrouver un job : donc ni convaincant ni impactant – on lui préférera toujours quelqu'un de plus tonique. Il sabotera ainsi lui-même ses chances. L'Inconscient comprend que l'échec est fatal et entravera toute action investissant de l'énergie conquérante : « A quoi bon, économisons l'énergie puisque, de toute façon, ça ne peut pas marcher ».

QUELQUES
CAS

Il y en a beaucoup, malheureusement, de nos jours, avec les successives crises de l'emploi.

 TABLEAU 6 A


« CLASH »   PROFESSIONNEL
Illusionpositive

 

MOTS
PHRASES
CONCEPTS

« M'adapter ». « C'est arrivé à d'autres, ils n'en sont pas morts ! ». « C'est arrivé à d'autres qui s'en sont même tirés brillamment ». « Ça va être l'occasion d'un nouveau départ, de nouvelles possibilités, de montrer de quoi je suis capable ».  « Je ronronnais dans mon job, c'est l'occasion d'être à nouveau (créatif, actif, innovant, entreprenant...) ». « Ma perspective de carrière était de toutes façons bouchée dans mon job : je vais pouvoir évoluer à nouveau ». « C'est le moment de me recycler ». « C'est le moment d'améliorer ma formation ». « Il y a toujours du boulot pour quelqu'un comme moi, capable de (s'adapter, être actif, créatif...), qui a mes qualités et talents ».

IMAGES ET
SYMBOLES DANS LE
REGARD
INTERIEUR

Se voit parfaire sa formation ou se recycler ou entreprendre quelque chose. Se voit convaincre un employeur qu'il est le meilleur. Se voit entrer dans un nouveau job. Se voit avec de bonnes perspectives d'évolution professionnelle. Ou toutes autres choses analogues. Se voit gagnant dans la compétition contre d'autres candidats, lors d'une embauche. Voit ce qu'il peut éventuellement gagner ou réaliser à partir de sa situation présente.

EMOTIONS
SENTIMENTS
SENSATIONS et ATTITUDES
CORPORELLES

Envie d'entreprendre. Elan vers l'avenir. Envie de réaliser. Activité mentale pour trouver des solutions. Impatience d'agir. Combativité.

 Energie un peu anarchique. Regard et tête levés. Expression déterminée. Respiration plus ample. Tendance à « faire le poing »

SENS DU MESSAGE

« Tout est en place pour sortir de mes habitudes, prouver de quoi je suis capable et entamer une nouvelle étape ».

SUITES

L'Inconscient met à disposition des énergies pour aborder une nouvelle étape et le RAS « branche » sur tout ce qui va dans le sens de l'objectif de réussir cette nouvelle étape.

QUELQUES
CAS

Nombre de personnes licenciées ont créé leur propre entreprise et y ont réussi ou se sont recasées favorablement.

 TABLEAU 6 B


Entraînez-vous à choisir vos mots

Pour utiliser le pouvoir des mots :

Choisissez délibérément les mots que vous employez pour qualifier votre vécu !

Les mots ne sont pas que des vibrations sonores articulées. Leur sens vous parvient et s'imprime en vous. Rappelez-vous toujours que les mots ont un effet sur votre physiologie, sur votre biochimie (et que vous ne contrôlez pas les réactions chimiques de votre organisme provoquées par les mots), sur votre attitude corporelle, sur vos sensations, émotions et sentiments. Alors, choisissez consciemment les mots que vous utilisez.

Face à une situation à problème :

  • Vous voulez être aplati sous l'adversité et sans pouvoir ? Dites-vous : « C'est horrible ! », ou bien « C'est irrémédiable. », ou « C'est la fin. », ou quelque chose d'analogue.
  • Ou vous voulez garder votre potentiel de réaction ? Dites-vous : « C'est un peu embêtant, mais... », ou « C'est un problème à résoudre. », ou « C'est un vrai défi à relever. », ou autre chose de voisin.
  • Vous voulez dynamiser votre pouvoir de réaction positif ? Dites-vous : « Bon, ce n'est pas vraiment drôle, mais il y a toujours des solutions – et je vais me mettre en chasse pour en trouver . », ou « Ce n'est pas encore ce truc qui va m'abattre ! », etc.

Face à une situation heureuse :

  • Vous voulez passer à côté ? Dites-vous : « Ouais, c'est pas mal. », ou « J'aurais préféré que... », ou « Ça aurait pu être mieux si ç'avait été comme ça... »
  • Vous voulez en profiter à bloc ? Dites-vous : « C'est super ! », ou « C'est génial ! », ou « Ça alors, c'est formidable, j'adore ! ».

Essayez les deux versions, et vous verrez que cela change tout à votre attitude, à votre comportement, et surtout surtout :

A ce que votre Inconscient comprend de la situation…

Face à une situation moyenne :

  • vous voulez la « tirer vers le bas » ? Dites : « Bof, j'aurai préféré que... », ou « Vraiment, ce n'est pas terrible. », ou « Pff, encore tout ça à faire pour que ce soit mieux. »
  • vous voulez la « tirer vers le haut » et tonifier votre propre potentiel en ce sens en même temps ? Dites : « C'est déjà une base, maintenant on peut aller plus loin. », ou « Voilà un résultat encourageant qui me stimule à en atteindre d'autres. »

L'expérience d'A. Robbins

A. Robbins, grand maître du développement personnel aux USA, raconte l'épisode suivant, qui lui est arrivé personnellement. Lors d'une réunion d'affaires avec deux de ses associés, ils apprennent que quelqu'un, avec qui ils avaient une négociation en cours, était en train de les doubler et avait trahi leur accord. Que s'est-il passé alors ?

L'un des trois hommes est entré dans une rage noire et fulminait. Un autre en a été bouleversé, le troisième semblait à peine touché. Ayant les mêmes intérêts dans cette affaire, comment était-il possible que cette nouvelle les affecte si différemment ? A. Robbins a cherché à comprendre et a interrogé ses partenaires. Et il a ainsi découvert que l'un s'était dit, les dents serrées : « Cela me rend furieux et enragé ! ». Lui-même, A. Robbins, avait utilisé les mots « en colère » et « bouleversé ». Le troisième homme s'était dit : « C'est un peu ennuyeux, mais ce n'est pas la peine de se fâcher pour cela. » – et c'est lui qui, des trois, avait gardé puissance et maîtrise de la situation.

Ces trois hommes ont aujourd'hui bien dépassé cette difficulté dans leurs affaires. Mais cet épisode a eu pour effet positif de montrer à A. Robbins la puissance du langage sur le comportement. Nous voyons à l'oeuvre, là, trois illusions différentes pour le même événement, trois interprétations différentes. L'une de ces illusions, la rage, crée une importante et stérile dépense d'énergie ; une autre – être bouleversé – « casse » le ressort et le moral ; la troisième – un peu ennuyée – préserve tous les moyens pour aborder tout ce qui est à l'ordre du jour, le problème inclus.

A travers ces exemples, vous voyez à l'oeuvre le pouvoir des mots...

Les questions

Le pouvoir des mots... C'est aussi le pouvoir des questions que l'on se pose.

Savez-vous que, consciemment ou non consciemment, on se pose des questions pratiquement en permanence :

  • Est-ce que ceci est vrai ?
  • Que vais-je bien pouvoir faire à manger à midi ?
  • Pourquoi X m'a-t-il dit cela ?
  • Qu'est-ce que je vais bien pouvoir répondre à ça maintenant ?
  • Comment vais-je aborder ce problème pour le résoudre ?
  • Ma femme préférerait-elle des fleurs ou ces boucles d'oreilles pour sa fête ?
  • Pourquoi le destin m'impose-t-il cette épreuve ?
  • Comment analyser cet événement sous un angle positif pour moi ?
  • Quel est le meilleur placement que je peux faire parmi tous ceux-là ?
  • Que puis-je retirer d'agréable de ce qui vient de se passer ?
  • Où vais-je aller en vacances ?...

Il y a même des tas d'affirmations que l'on se fait dans sa tête, et qui sont en fait des questions ou font suite à des questions posées non consciemment :

  • Je pourrais lui acheter ces boucles d'oreilles.
  • Il mangera bien une entrecôte avec de la salade.
  • Ceci est vrai.
  • J'irai bien en Sicile cet été.
  • Le mieux, en ce moment, c'est un placement dans l'immobilier.
  • Si je prends le problème sous cet angle, j'arriverai sans doute à tel résultat...

Si je me pose des questions en permanence, et si le choix des mots est important pour me retirer ou me donner de l'énergie, ne peut-on penser que la façon dont je formule les questions est, elle aussi, chargée de pouvoir positif ou négatif ?

Vous voyez, je viens encore de poser une question ! Alors, pour éclaircir ceci, on va faire des comparaisons entre différentes formulations à l'aide des quatre cas ci-dessous. Je vous invite à entrer dans la « peau du rôle » et à ressentir vos réactions et les modifications, fussent-elles ténues, qui seront induites par ces formulations. Vous avez appris à écouter votre corps, vos réactions, à prendre conscience de vos perceptions. Utilisez cela maintenant : rendez-vous attentif à ce que vous racontent vos sensations.

CAS 1

Vous avez eu un accrochage en voiture, une bosse au front et le capot défoncé.

Questions :

  • - Pourquoi a-t-il fallu que ça m'arrive à moi ! ?
  • - Pourquoi le hasard (le destin, le sort, le ciel) m'a-t-il frappé ainsi ?
  • - Qu'est-ce que je vais faire maintenant ?
  • - Comment vais-je résoudre ce problème et rentrer ?
  • - Comment vais-je me tirer le plus favorablement de cette situation ?

CAS 2

Vous avez eu une « prise de bec » avec Monsieur Dupond (vous savez, cet homme qui travaille dans la même entreprise que vous et qui vous a traité de « salaud » dans l'ascenseur).

Questions :

  • - Pourquoi cet imbécile réagit-il comme cela, qu'est-ce qui lui prend ?
  • - Pourquoi faut-il que je me farcisse la stupidité de ce type ce matin ?
  • - Qu'est-ce que je vais lui répondre ?
  • - Comment vais-je faire pour le remettre à sa place ?
  • - Comment vais-je faire pour régler ce problème ?
  • - Comment rétablir au bureau une harmonie relationnelle à présent ?

CAS 3

Vous vous sentez « coincé », insatisfait de vous, limité ou en état d'échec, dans une situation quelconque (affective, relationnelle, professionnelle, financière ou autre).

Questions :

  • - Pourquoi faut-il que je me bloque comme ça ! ?
  • - Qu'est-ce qui m'arrive là ?
  • - Pourquoi ai-je eu des parents comme ceci (ou : ai-je été éduqué comme cela ; ou : les gens sont-ils méchants ; ou : le monde est-il pervers ; ou...) pour en arriver là ?
  • - Qu'est-ce que je peux faire pour améliorer ça ?
  • - Comment agir pour changer cela à mon avantage ?
  • - Quelles solutions puis-je trouver à ce problème ?
  • - Comment trouver les moyens pour faire en sorte que ça n'arrive plus ?
  • - Pourquoi dois-je me coltiner avec ce problème ?

CAS 4

Avant d'aller plus loin, et pour que la démonstration vous soit profitable, il serait bon que vous vous impliquiez. Aussi, je vous propose ici de considérer une situation ou un événement problématique de votre vie à vous, et d'essayer de repérer la ou les questions que vous greffez dessus. Ecrivez-les sur un papier. Ressentez vos perceptions – ce que votre corps vous raconte –, puis cherchez à répondre à ces questions, toujours sur le papier. Ensuite, cherchez quelles autres questions vous pourriez vous poser à ce sujet. Cherchez-en les réponses, mettez-les noir sur blanc sur votre feuille.

Il serait vraiment bon que vous n'alliez pas plus loin dans votre lecture avant d'avoir fait cet exercice qui peut vous prendre de cinq minutes à une demi heure. Ce n'est pas là un bien long temps, pour commencer à intégrer la compréhension de la puissance des questions. Intégrer cette compréhension vise à vous permettre d'utiliser cette puissance au service de votre vie et de ce et ceux qui sont importants pour vous. Alors, je vous donne rendrez-vous après ce petit laps de temps.

- oOo -

Peut-être l'avez-vous perçu à travers vos sensations internes, à travers une impression de montée ou de perte d'énergie et à travers les réponses que vous avez écrites lors de l'exercice qui précède – si vous avez été réceptif et attentif, c'est même certain :

Il y a des questions paralysantes et des questions dynamisantes : des questions qui ôtent l'énergie et des questions qui la stimulent.

QUESTIONS PARALYSANTES

A quoi ou comment reconnaîtrez-vous les questions paralysantes ?

  • - Au fait qu'elles n'apportent aucune solution, aucune réponse utilisable pour dépasser le problème ;
  • - au fait qu'elles font baisser votre énergie et votre aptitude à résoudre le problème. Ou qu'elles éveillent des sentiments négatifs : colère, haine, agressivité – qui sont rarement des solutions ;
  • - au fait qu'elles polarisent votre attention sur les problèmes et difficultés.
  • Pour schématiser, je dirai que beaucoup de questions paralysantes commencent par « pourquoi »" :
  • - Pourquoi a-t-il fallu que ça m'arrive à moi ! ?
  • - Pourquoi le ciel m'a-t-il frappé ainsi ?
  • - Pourquoi faut-il que je me farcisse la stupidité de ce type ce matin ?
  • - Pourquoi dois-je me coltiner avec ce problème ?
  • - Pourquoi faut-il que je me bloque comme ça ?
  • - Pourquoi ai-je eu des parents qui m'ont éduqué comme ceci ?

Ces questions ne donnent pas de réponses utilisables. Elles créent le sentiment d'être atteint ou puni par une instance supérieure, destin, fatalité, dont je n'ai aucun moyen d'infléchir les « arrêts ».

  • - Pourquoi cet imbécile réagit-il comme ça ?

La réponse est chez l'autre, pas chez vous. Il n'y a là aucune solution ou réponse utilisable.

Rajoutez-y les questions commençant par « pourquoi » de votre propre liste, et vous aurez bien saisi ce que sont les questions paralysantes – et qu'elles ne mènent qu'à tourner en rond et enlèvent toutes possibilités de solutions et d'actions. Finalement la seule réponse au « pourquoi » c'est : « Parce que... Parce que c'est comme ça. »

Si les questions commençant par « pourquoi » sont très utiles chaque fois qu'elles peuvent augmenter votre savoir, votre culture, votre bagage intellectuel (par exemple : « Pourquoi quelqu'un qui est effrayé voit-il son coeur et sa respiration s'accélérer ? » – « Parce que son organisme réagit à la peur en sécrétant de l'adrénaline qui, etc... »), elles sont stériles et bloquantes lorsqu'elles sont en rapport avec des problèmes à résoudre, des difficultés rencontrées dans votre vécu. Alors prenez-y garde et ne vous laissez plus « rouler » par ces questions paralysantes...

QUESTIONS DYNAMISANTES

A quoi reconnaîtrez-vous les questions dynamisantes ?

  • - Au fait qu'elles apportent des solutions, même si celles-ci ne sont pas toutes utilisables ;
  • - au fait qu'elles orientent votre attention vers ces solutions ;
  • - au fait qu'elles font plutôt monter vos énergies.

Pour schématiser là aussi, je dirai que les questions dynamisantes commencent par « comment » ou « que » :

  • - Qu'est-ce que je vais faire maintenant ?
  • - Comment vais-je résoudre ce problème ?
  • - Comment vais-je me tirer de cette situation à mon avantage ?
  • - Qu'est-ce que je vais lui répondre ?
  • - Comment agir pour le remettre à sa place ?
  • - Qu'est-ce je peux faire pour améliorer l'ambiance ?
  • - Comment agir pour changer cela à mon bénéfice ?..

Vous voyez la différence ?

A chacune de ces questions, on peut trouver des réponses et

Elles impliquent qu’il y a une ou des solutions au problème.

De plus, face à ces questions, votre physiologie réagit en « donnant du jus ».

Voyez maintenant les questions dynamisantes de votre propre liste – et tirez les conclusions de cela.

Vous vous souvenez du RAS ? Lorsque vous le branchez sur le problème (comme l'a fait Claude, le cadre licencié), il vous rendra attentif à tout ce qui concerne et conforte ce problème.

Lorsque vous le branchez sur les solutions, il vous rendra attentif à tout ce qui concerne les solution !

Il aiguisera votre regard vers les réponses, les solutions. Voilà une raison supplémentaire pour vous entraîner à vous poser les questions dynamisantes...

Ah, l'angoisse de la fin du mois

Martine tient, avec son mari, un commerce de maroquinerie. Elle a une hantise depuis des années : à toutes les fins de mois, elle perd du temps à mettre la main sur les documents comptables, factures, recettes, charges sociales, impôts, etc. Elle se dit incapable de gérer cela. Comme son mari est exigeant pour la précision de la comptabilité, toutes les fins de mois sont un mauvais moment à passer pour ce couple – qui, par ailleurs, s'entend bien – : conflits, tensions, énervements, disputes. Martine passe une partie de son mois à s'angoisser à la perspective de la fin du mois, ce qui n'arrange pas le problème.

Elle est venue me voir en râlant :

  • – Pourquoi faut-il faire cette saleté de comptabilité ! ?
  • – Pourquoi est-ce que je ne peux pas m'organiser pour que ce soit facile ?
  • – Pourquoi Henri est-il si chipoteur et maniaque ! ?...

J'ai mis Martine face à ces questions paralysantes. Je lui ai demandé de les écrire et de trouver les réponses. Et il fallait voir comment elle peinait à les chercher : visage renfrogné, air buté, tête baissée, mine dégoûtée. Mais elle n'en a pas trouvées...

Ensuite, j'ai demandé à Martine de formuler ses questions autrement et de noter les réponses. Là aussi, elle a eu du mal : cela n'était pas facile de lâcher les questions paralysantes. Enfin, elle a écrit :

  • – Comment vais-je faire pour que mes papiers soient en ordre pour la fin du mois ?

Et subitement, voilà que le visage de Martine s'éclaire, elle se penche sur son papier et commence à y coucher les réponses :

  • – En les empilant au fur et à mesure dans un classeur.
  • – En m'organisant de manière à trouver cinq minutes chaque jour pour les trier.
  • – En assumant avec le sourire mon foutoir qui me fait perdre du temps en fin de mois.
  • – En...

Toute la physionomie de Martine avait d’ailleurs changé : sa respiration, la façon dont elle se tenait, le regard, la posture, la vivacité de ses gestes.

Martine a aujourd'hui résolu son problème et son couple, aussi bien que son commerce, y ont gagné. Sa personnalité et sa confiance en soi aussi.

Vous trouvez que Martine se noyait dans un verre d'eau ? Mais chacun de nous a de ces petites insuffisances, que d'autres résoudraient en un tour de main, et qui nous paraissent insurmontables, à nous. Il fut un temps où je n'arrivais pas à me mettre à étudier ou à écrire avant seize heures. Je pouvais poursuivre jusqu'à minuit passé, certes, mais j'avais perdu une bonne partie de ma journée à traîner, à prendre un café par ci, à lire un bout de journal par là, à faire une grille de mots croisés... Et encore, à seize heures, il fallait que je me force, acculée par un sentiment d'urgence !

« La barbe ! Pourquoi faut-il que je fasse ce travail, alors que je préférerai (aller au cinéma ou à la piscine ou voir une copine ou...) ! »

Quand la question est devenue : « Comment faire pour avoir envie de me mettre au boulot dès dix heures (heure pas si matinale et donc raisonnable, tout de même) ? », j'ai commencé à trouver des tas de solutions – et aujourd'hui, je n'ai vraiment plus ce problème.

Entraînez-vous y

En fait, quel que soit le problème, quelle que soit la difficulté, petite ou grande, apprenez à vous poser les questions dynamisantes.

Elles sont toujours utiles et productives.

Car, en dehors de la recherche consciente de solutions, elles branchent votre RAS, via votre Inconscient, sur le fait de repérer tout ce qui va dans le sens des solutions. Elles impliquent aussi qu'il y a des solutions. Ainsi, vous choisissez l'illusion positive, celle qui vous fait avancer. Et j'ai déjà dû vous dire que seule la mort est une situation sans issue, sans solution.

Avec ce livre, avec les techniques et les méthodes que je vous offre ici, vous apprenez à évoluer, à grandir psychologiquement, à vous équilibrer et à augmenter vos atouts et vos moyens d’action dans la vie. C'est d'un entraînement qu'il s'agit. Au début, bien entendu, tout entraînement est contraignant et il faut presque toujours vaincre quelques résistances : flemme, envie que ça se mette en place tout seul...

Mais avec un peu de temps et d'obstination, cela devient de plus en plus facile, de plus en plus efficace, de plus en plus automatique.

Branchez votre Inconscient et votre RAS sur les questions dynamisantes – et les questions paralysantes finiront par ne plus même vous effleurer. Branchez-les afin qu'ils vous alertent lorsque vous utilisez les mots qui vous ôtent vos possibilités – et vous finirez par utiliser sans y penser le pouvoir des mots en votre faveur. Toute votre façon de réagir spontanément aux événements en sera transformée.

On n'a rien sans rien, et se programmer pour sortir de ses insuffisances, c'est un travail à faire – aux résultats exaltants. Dans un entraînement sportif, on peut ressentir d'abord des courbatures, ce qui est inconfortable. Mais c'est lorsqu'on finit premier du challenge que ça devient super satisfaisant.

Alors, je vous y encourage vivement : entraînez-vous et vous changerez...

Cessez donc d'être victime de vos « états d'âme » !

Après le choix conscient des mots et des questions, abordons encore un autre aspect de l'utilisation des mots pour votre développement.

Savez-vous que vous pouvez changer très rapidement votre état d’esprit ?

Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ? Cela veut dire que vous n'êtes pas obligé de ruminer. Malgré ce qu'en croient les « ruminateurs » chroniques :

« Je n'y peux rien : quant ça commence, je ne peux pas l'arrêter. Je reste là, dans mon fauteuil ou dans mon insomnie, et ces pensées noires tournent, tournent, tournent... C'est comme un mécanisme qui est remonté et je ne peux pas l'arrêter... »

Eh bien si, vous pouvez l'arrêter ! Et très vite même. Ça vous économisera votre (bon) moral, votre énergie, votre joie de vivre, votre sommeil et votre pouvoir d'action, toutes choses bien rongées par cette vilaine mécanique mentale.

Cela veut dire aussi que vous pouvez sortir de votre état dépressif, de votre autodévalorisation, de votre sentiment d'échec ou de tristesse... – et très vite, ma foi. De votre colère aussi, ainsi que de la tendance à vous appesantir sur ce qui ne va pas - ce qui vous ôte vos moyens.

Si vous n'êtes pas « maso » et que vous préférez éliminer ces attitudes chez vous, vous allez en trouver ci-dessous les moyens.

Auparavant, une digression me semble nécessaire : vous avez appris à conduire une automobile et vous avez souffert pendant cet apprentissage. Cela n'a pas été facile ni intégré tout de suite. Il vous a fallu y mettre de la bonne volonté, de l'attention consciente, du temps, de l'argent, de la patience et de la disponibilité. Vous avez « transpiré » pour en arriver à tenir votre droite (je me souviens que moi, j'avais toujours tendance à ramener la voiture vers le centre de la chaussée) et il a fallu ajuster vos réflexes pour saisir en même temps ce qui se passait devant ; dans le rétroviseur, ce qui se passait derrière et aussi ce qui pouvait bien venir à gauche et à droite. En plus, vous avez dû coordonner vos gestes : en même temps appuyer sur une pédale, tenir le volant, changer de vitesse, mettre le clignotant... Donc, vous avez plus ou moins transpiré pour en arriver là. Et aujourd'hui, cela vous a amené à une chose extraordinaire : vous avez le moyen de vous balader sur toutes les routes, dans le monde entier, de conduire n'importe quelle voiture et cela, en racontant vos projets à votre passager et en faisant de l'humour.

Vous conduisez aujourd'hui pratiquement sans y penser, parce que vous avez fait de cet apprentissage initial, plus ou moins stressant, un ensemble de réflexes, des automatismes auxquels vous pouvez faire confiance dans la plupart des cas.

Apprendre la technique pour changer votre état d'esprit et ainsi

devenir le maître de vos humeurs et de votre aptitude au bonheur,

cela demande également une certaine dose de patience, persévérance, disponibilité, bonne volonté, temps, attention consciente, travail. L'être humain étant paresseux (et pourquoi pas ? La volupté de la paresse, cela existe), il rechigne parfois à « bosser ».

Dans ce qui suit, il vous faudra bosser, car vous êtes le seul à pouvoir mettre à jour vos mécanismes négatifs. Cette mise au clair pourra vous prendre quelques semaines - comme vous a pris quelques semaines votre apprentissage de la conduite automobile -. Mais le résultat en vaut la peine. Lorsque vous aurez intégré cette technique, que vous en aurez fait un ensemble de réflexes, vous aurez la maîtrise sur vos humeurs, vos états d'âme, vos états d'esprit, votre ambiance intérieure.

Souvenez-vous : vous avez le choix de l'illusion. Si vous avez envie de privilégier une illusion sinistre, vous saurez comment vous y prendre, de façon imparable. Si vous préférez privilégier une illusion rayonnante, vous saurez aussi comment vous y prendre, de façon imparable. Car vos humeurs, votre état d'esprit du moment, colorent l'interprétation que vous faites de votre vécu et c'est cette interprétation-là - cette illusion-là - que réceptionnent comme vérité votre Inconscient et votre RAS.

Alors, vous avez envie de jouer le jeu ? Lisez avec attention ce qui suit et faites le travail qui vous y est proposé. Vous allez découvrir des choses sur vous-même, ce qui est déjà intéressant en soi ; et en plus, vous allez acquérir des atouts considérables pour rester au top-niveau en toutes circonstances...

Pensées roses, pensées grises

Penser, vous savez ce que c'est : c'est se parler silencieusement avec des mots. On pense tout le temps, et c'est souvent un bla-bla informe, un brouhaha mental plus ou moins constant et plus ou moins conscient. Vous allez maintenant prendre conscience que la façon dont vous pensez est différente selon que ce que vous pensez est agréable ou déplaisant, tonifiant ou déprimant... Les caractéristiques de cette voix qui vous parle dans votre pensée ne sont pas les mêmes lorsque vous vous racontez une histoire drôle qui vous plie en quatre de rire que lorsque vous ruminez l'horrible déconvenue que vous avez subie hier.

Ce sont les géniaux fondateurs de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), Richard Bandler et John Grinder, qui ont remarqué ces différences qu'ils ont appelées « submodalités ». Nous reverrons du reste ce concept dans le chapitre suivant, voué au pouvoir des images. Les submodalités, ici, sont les caractéristiques de cette voix pensée. Vous allez les découvrir maintenant. Auparavant, munissez-vous d'un crayon rouge et d'un crayon bleu et faites cela : racontez-vous maintenant mentalement un épisode récent que vous avez trouvé très drôle ou agréable à vivre. Prenez quelques minutes pour faire cela avant de passer à la suite, et soyez le plus attentif possible aux caractéristiques de votre voix pensée. A dans quelques minutes pour la suite...

A présent, répondez avec le crayon bleu aux questions qui vous sont posées dans le tableau 7 des submodalités auditives (ci-dessous) : cette voix, dans votre tête, qui vous racontait l'événement, elle venait d'où ? Elle vous parlait avec quel timbre, que débit et sur quel ton ? Etc.

- oOo -

Maintenant que vous avez, je l'espère, constaté que votre voix-pensée a des caractéristiques que l'on peut repérer, changeons de registre : racontez-vous mentalement l'événement le plus triste ou le plus agaçant possible dont vous pouvez vous souvenir, un échec, une déception, une déconvenue, une défaite, qui vous est advenue. Plus vous gardez encore un souvenir pénible de cet épisode de votre vie, plus l'exercice sera efficace.

Prenez les quelques minutes nécessaires pour cela et rejoignez-moi ensuite...

Maintenant, revenez au tableau des submodalités auditives et, avec le stylo rouge, répondez à nouveau aux questions de ce tableau 7.

- oOo -

TABLEAU DES SUBMODALITÉS AUDITIVES

(cochez les submodalités que vous repérez)

Date :
Type d’événement :            positif :                             /                            négatif :

Cause connue :
Mots, phrases, pensées commentant cet événement :

Localisation : cette « voix-pensée » qui vous raconte l’événement,à quel endroit l’entendez-vous,d’où vous parvient-elle ? 

À l’extérieur/distance :
À l’intérieur              de la tête
du corps
En haut (front ou plus haut)
Devant
A gauche                               /                                  A droite
Derrière
En bas (menton ou plus bas)
À la gorge
À la poitrine
Plus bas

Timbre :cette voix-pensée vous parle avec quel timbre ?

Féminin          /            Masculin             /            Enfantin

Sourd – un peu, plutôt, très                       /           Clair – un peu, plutôt, très
Grave – un peu, plutôt, très           /           Aigu – un peu, plutôt, très
Rauque – un peu, plutôt, très                                                                             

Débit :cette voix-pensée vous parle avec quel débit ?

Rapide – un peu, plutôt, très         /           Lent – un peu, plutôt, très
Haché – un peu, plutôt, très          /           Uniforme – un peu, plutôt, très


Ton :
sur quel ton vous parle cette voix-pensée ?
Répondez par des adjectifs comme, par exemple : gai, enjoué, sentencieux, impératif, glacial, méprisant, enthousiaste, ou autres... :

Volume sonore (estimez-le) :                   Fort – un peu, plutôt, très

Faible – un peu, plutôt, très

Quel est le pronom qu’utilise cette voix-pensée ? : Je   /   Tu   /   Il ou Elle

TABLEAU 7


Et maintenant, entraînez-vous

Voici comment vous apprendrez à utiliser les submodalités de manière pratique – je vous dirai un peu plus loin à quoi cet apprentissage va vous servir :

Munissez-vous de copies du tableau des submodalités auditives et gardez-les avec vous en permanence pendant quelques semaines.

À chaque fois que vous êtes branché sur des événements ou des choses agréables, en ayant plaisir à y penser, prenez vite conscience des submodalités que présente cette voix-pensée et cochez le tableau en conséquence après y avoir précisé la date et la qualité positive : plaisir, victoire, épanouissement, valorisation de soi, compliment reçu, rire…, ainsi que le genre de mots employés.

Faites la même chose à chaque fois que vous êtes en butte à des pensées négatives et précisez-en de même le type : colère, crainte, sentiment d’échec, déception, agressivité, défaite, dépression, rumination mentale, tristesse..., ainsi que le genre de mots employés.

Au bout de quelques semaines de cette investigation, vous pourrez repérer ce que j’appelle des « constantes » : ce sont certaines submodalités, toujours ou pratiquement toujours présentes dans les pensées négatives, pénibles ; et d’autres, toujours ou presque toujours présentes dans les pensées positives, agréables.

Ces constantes sont différentes selon les personnes. Je ne sais pas pourquoi c’est ainsi. Pourquoi, pour l’un, c’est une voix pensée « extérieure » et qui « parle de manière hachée » qui signe le négatif, alors que pour quelqu’un d’autre, c’est une voix « interne, localisée à la gorge ». Pourquoi pour quelqu’un d’autre encore, la constante sera le « débit très lent et plutôt grave » ou une autre submodalité encore... Ni pourquoi, chez l’un, la voix positive utilise le « Je » et sera toujours localisée « à l’avant vers la droite et interne », alors que pour l’autre, la constante positive sera « externe devant et hachée »...

Seule l’investigation personnelle et l’effort d’observation délibéré de vos propres submodalités pourront déterminer ce qui est une ou des constantes pour vous.

Lorsque vous aurez déterminé votre ou vos constantes négatives et aussi positives, vous serez en position de transmuter les négatives en positives pour, quasi instantanément,

Changer un état d’esprit pénible et freinateur en un état d’esprit agréable et dynamisant.

Voulez-vous un exemple ? À moi, il me suffit de basculer volontairement la « voix-pensée » négative de l’avant-droite du front vers l’avant-gauche du front. Je le fais environ cinq fois d’affilée, ce qui me prend quelques deux minutes, et je suis à nouveau dans une humeur tonique et opérationnelle. Cet unique changement de submodalité auditive me suffit – je ne modifie rien d’autre à la voix-pensée – pour changer d’état d’esprit. Vous verrez plus loin comment cela s’opère.

En ce qui vous concerne, vous aurez une ou peut-être deux ou trois submodalités à modifier délibérément pour parvenir au même résultat. Alors, entraînez-vous déjà à repérer vos constantes dans le positif et le négatif.

Voici, pour vous fixer les idées, deux tableaux synthétisant les résultats de l’auto-observation de Julie (tableau 8) et de Raymond (tableau 9) pour repérer leurs submodalités auditives. Les colonnes correspondant aux sentiments positifs sont en italiques. Les constantes dégagées sont matérialisées par le signe « * ».

Ainsi, si vous examinez le tableau de Julie, vous y trouverez, marqué du signe « * » les submodalités qui sont ses constantes :

  • Dans le négatif, les états d’âme pénibles, la voix-pensée de Julie est toujours localisée dans la gorge et en interne.
  • Alors que dans le positif, la localisation est toujours à hauteur du front et perçue comme externe à environ vingt centimètres de distance.

Par ailleurs, rien dans le timbre, le ton ou le débit, ne ressemble à une constante.

Si vous examinez maintenant le tableau de Raymond, là aussi se dégagent des constantes :

  • Dans la localisation : le négatif fait venir la voix de la gauche-arrière, au niveau de l’oreille ; alors que le positif la manifeste de devant, au niveau du front.
  • Dans le débit : le négatif le rend plutôt lent ; le positif le rend plutôt rapide.

Aucune autre constante n’apparaît, ni dans le timbre ni dans le ton.


JULIE

DATE

10.09

13.09

14.09

16.09

18.09

Type de sentiment
(+) (-)

(-) colère rentrée

(+) rire

(-) tristesse et impression de choc

(-) grogne et rumination

(+) plaisir, valorisation

Cause connue

X m’a dévalorisée en public

Je me rappelle les séquences les plus drôles du film "Les Visiteurs"

J’apprends l’accident d’un ami qui est dans le coma à l’hôpital

Mon mari m’a fait des reproches et la tête ensuite

Y m’a fait un compliment sur mon travail.

SUBMODALITES

AUDITIVES :

 

 

Mots-Phrases

« Le rat ! je vais l’attendre au tournant. Il le sentira passer ! »

« Et puis, il y a la séquence des WC, et celle du bain, etc. »

« Le pauvre, c’est affreux, lui qui était si gai. »

« C’est injuste. Il ne peut pas me reprocher ça – il n’a rien compris. »

« C’est super ! Je suis contente !»

Localisation :

 

 

 

 

 

Haut   Bas

* bas

*haut

* bas

* bas

haut

Devant   Derrière

 

devant

vers l’avant

 

 

Gauche   Droite

gauche

 

un peu à droite

un peu à gauche

vers la droite au niveau du front

Gorge

* gorge

 

* gorge

* gorge

 

Tête

 

 

 

 

 

Interne    Externe

* interne

externe®env. 20 cm

* interne

* interne

externe env. 20 cm

TIMBRE :

 

 

 

 

 

Masc.   Fem.   Enf.

fem.

fem.

fem.

fem.

fem. (jeune)

Grave Aigu  Sourd  Clair

un peu aigu

Clair

grave

grave

un peu aigu

TON (adjectifs) :

impératif, virulent, agressif

gai, drôle, vivace, léger

déprime, pesant, vaincu

impératif, sentencieux, qui juge

enthousiaste, ponctué, très affirmatif

DEBIT

 

 

 

 

 

Rapide  Lent

rapide

Rapide

plutôt lent

ni lent, ni rapide

ni lent, ni rapide

Uniforme Saccadé

saccadé

saccadé

uniforme

uniforme

uniforme

 TABLEAU 8

 

RAYMOND

DATE

09.03 / 15h

12.03 / 10h

12.03 / 22h

19.03 / 12h

21.03 / 23h

23.03 / 23h

 

Type de sentiment
(+) (-)

(-) sentiment d’échec et d’injustice

(-) angoisse

(-) colère et peine

(+) satisfac­tion de moi, sentiment d’exaltation

(-) fatigue, décourage-ment, angoisse

(+) joie, plaisir, exaltation

 

Cause connue

J’ai dû râler auprès d’un commerçant et il m’a envoyé sur les roses

Peur de rater mon exposé prévu pour le 19

Scène de ménage

Réussi mon exposé brillamment

Un mémoire de 30 pages à rendre mi-avril. Impression de ne pas arriver à mettre mes idées en place

Mon anniversaire

 

SUBMODALITES

AUDITIVES :

 

 

 

 

 

MOTS-PHRASES :

« Ce type est malhonnête, il aurait dû me rembourser sans discuter. »

« Tu vas te planter, ça va être l’humiliation en public. »

« J’en ai marre ! Au lieu de m’aider, elle m’enfonce. »

« C’est formi-dable, je me suis super bien programmé ! Je leur en ai mis plein la vue. Je suis génial ! »

« Tu n’y arrivera jamais. C’est trop dur. Tu vas prendre un bide. »

« J’ai passé une journée super. Ça augure bien de toute mon année. »

 

Localisation :

 

 

 

 

 

 

Haut   Bas

 

 

 

 

 

 

 

Devant   Derrière

* derrière niveau oreille

* derrière niveau oreille

* derrière niveau oreille

*devant front

* derrière niveau oreille

*devant front

 

Gauche   Droite

* gauche

* gauche

* gauche

 

* gauche

 

 

Gorge

 

 

 

 

 

 

 

Tête

 

 

 

 

 

 

 

Interne    Externe

externe - env. 30 cm

externe - env. 5 cm

interne

interne

interne

externe - env. 30 cm

 

TIMBRE :

 

 

 

 

 

 

 

Masc.   Fem.   Enf.

masc.

masc. plus âgé

masc.

masc. un peu enfantin

masc.

masc.

 

Grave  Aigu  Sourd  Clair

sourd grave

sourd grave

un peu aigu

 

 

 

 

TON (adjectifs) :

pesant, déprimé

qui me juge avec sévérité

en partie hystérique et péremptoire, en partie écrasant

rigolard, exalté, enthousiaste

qui me juge et me condamne

content, qui manifeste une « force tranquille» 

 

DEBIT

 

 

 

 

 

 

 

Rapide  Lent

* plutôt lent

* plutôt lent

* plutôt lent

*plutôt rapide

* lent

*un peu rapide

 

Uniforme  Saccadé

uniforme

Uniforme

uniforme à certains moments, saccadé à d’autres

saccadé

uniforme

uniforme

 

TABLEAU 9


À partir de ces constatations, que peuvent faire dans l’avenir Julie et Raymond pour sortir vite et bien de la tristesse, de la colère, de l’angoisse ? Ils vont utiliser cette nouvelle connaissance de leurs automatismes auditifs et appliquer volontairement les constantes positives aux négatives.

Pour que vous compreniez bien ceci, de l’intérieur, faites maintenant cet exercice, qui est une petite gymnastique mentale facile à faire avec un peu d’obstination et de bonne volonté :

  • Prenez une phrase, par exemple : « Il fait beau aujourd’hui » et pensez-la ;
  • Ensuite, volontairement, accélérez cette phrase pensée ;
  • Ensuite, volontairement, ralentissez cette phrase pensée ;
  • Ensuite, changez l’endroit où vous la percevez : envoyez cette voix disant cette phrase à votre gauche, puis à votre droite, puis dans votre gorge, puis au sommet de votre tête. D’abord en mode interne (dans la tête ou la gorge), puis en mode externe : sortez-la à l’extérieur, à droite, à gauche, en haut, etc. Testez différentes distances : 5 cm, 20 cm, 1 m, 3 m...

Quand vous serez familiarisé avec cette petite gymnastique vous comprendrez facilement comment Julie et Raymond peuvent faire pour changer leur état d’esprit à volonté.

Voici ce que Julie doit faire pour éliminer un état d’esprit désagréable, en sachant qu’il se manifeste pour elle au niveau auditif interne avec les constantes suivantes : la voix pensée vient de la gorge interne. Il suffit à Julie de contraindre cette voix, à l’aide de cette même gymnastique mentale, à se placer au niveau du front et à l’extérieur à environ vingt centimètres de distance.

Que se passe-t-il alors ? : Julie déplace ainsi la voix une première fois et celle-ci s’empresse, très vite, de retourner à sa position initiale (gorge interne). Julie s’obstine cinq à dix fois à redéplacer la voix (front externe à environ vingt cm) et, enfin, la voix reste en place là où Julie veut qu’elle soit.

C’est alors gagné : Julie se rendra compte, quelque minutes plus tard, qu’elle a vaincu son humeur négative et qu’elle est à nouveau « bien dans sa peau et dans sa tête », efficace, opérationnelle... Tout est dans l’obstination, c’est à dire dans la répétition de la modification de la ou des submodalités. Et ici il n’y a rien d’autre à changer : ni les phrases, ni le timbre, ni le ton, ni le débit.

Quand à Raymond, il lui suffit de modifier uniquement le débit de sa voix négative en l’accélérant, et d’en changer la localisation : de derrière-gauche vers avant-front, sans s’occuper d’externe ou interne – ne ressortant pas là comme une constante –. Et aussi cinq à dix fois de suite, jusqu’à ce que la voix pensée reste « accrochée » là où il le veut.

Ne croyez surtout pas que ce travail sur les submodalités auditives ne soit qu’un « truc ». Il mérite toute votre attention et votre intérêt, toute votre disponibilité et votre patience à trouver vos constantes. Avec elles, vous serez « le maître dans la maison », vous déciderez de ce que vous acceptez de vivre : des expériences agréables et vitalisantes ou des vécus aplatissants.

Les submodalités que vous imposez à votre voix-pensée sont des signaux clairs pour votre Inconscient. Changer volontairement une constante communique à votre Inconscient quelle est votre volonté et ce que vous voulez qu’il fasse pour vous : modifier votre état d’esprit du moment en un autre.

Les submodalités font partie du langage que comprend votre Inconscient : vous pouvez donc lui parler à l’aide de ces submodalités. Et cette communication est puissamment efficace. Alors, je vous souhaite vraiment de mettre tous vos soins à la mise à jour de vos constantes...

“““““- oOo -

Et à présent que vous savez comment utiliser le pouvoir des mots, vous allez maintenant apprendre quelle est la puissance des images...

Mes livres

Je suis auteur d'articles scientifiques et de livres de psychologie :


  • -Bien vivre, Mal vivre/ à vous de choisirInterEditions

  • -Communiquer avec les autres, c'est facile !Éditions de L'Homme

  • -Bien se connaître pour bien piloter sa vieInterEditions

  • -Vous n'aimez pas ce que vous vivez ? Alors, changez-le !Marabout (épuisé)


  • -Éliminez vos peurs et blocages - avec les Métaphores ThérapeutiquesNeo Cortex éd.


  • -Angoisses, anxiété - Comment vous en délivrerNeo Cortex Ed.


Avec Michel Nachez :

  • -Technostress TechnophophieÉditions de L'Homme



Et, avecDonald Akutagawa et Terry Whitman:

  • -Mêlons-nous de nos affaires : nos territoires et ceux des autres dans la vie personnelle et professionnelleInterEditions